Ah ben tiens, en v’là un autre qui va renaitre de ses cendres. Le temps a fait passer le Ford Bronco du statut de 4×4 robuste à celui d’icône. La première génération (66 – 77) est aujourd’hui devenue une pièce de collection dont la côte ne cesse de grimper. Et comme on est aux states, une cure de restomod qui va bien, ça fait partie du lot…

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Les 4×4 ont la côte. Pourtant, ils ont bien essayé de les ringardiser. Ah ben si, on ne mélange pas les torchons et les serviettes voyons ! A l’heure des SUV et autres Crossover, dire 4×4 c’est devenu péjoratif. Le total de 16 (quoi ? 4×4 = 16 non ?!) représente l’engin agricole, l’utilitaire, le truc polluant, adepte des bains de boues et du franchissement. Rien à voir avec le statut élitiste des SUV modernes, plus adaptés au grimpé de trottoir qu’au crapahutage forestier hivernal. Hors de question d’afficher la moindre rayure sur les flancs de son X5 ou Q7. Alors que sur un bon 4×4, tu peux y aller gaiement. Ca frotte, ça cogne, ça grince, ça rouille… c’est fracassé mais on s’en fout. Le SUV a droit à l’accès VIP pendant que le 4×4 passe par la porte de service.

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Sauf que ça, c’était avant. Allez savoir pourquoi, mais les purs et durs ont fini par prendre leur revanche. Mercedes G, Land Rover Defender, Suzuki SJ et même la Lada Niva ont fini par redorer leur blason. Une sorte de légitimité qui leur a donné la crédibilité qui manquait à ceux qui voulaient les remplacer et les mettre, un peu trop tôt, à la retraite. Bien au contraire puisqu’ils ont fini par faire leur grand retour soit sous forme de revival, soit en étant restaurés et restomodés en devenant même des valeurs sures de la collection. Sorte de déplaçoirs réservés à “ceux qui savent”… mais quand on voit aujourd’hui leur côte, on se dit qu’ils sont de plus en plus nombreux à savoir !


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Quand le Ford Bronco a vu le jour en 65, c’était dans le but d’aller rouler sur les plates-bandes du Jeep CJ ou de l’International Harvester Scout. Puis bon, les ricains ont toujours été adeptes des 4×4 et autres pick-up. Des engins surdimensionnés, indestructibles. Même en V8, oubliez toute notion de performance ou de plaisir, c’est là pour faire le job. En fait, c’est le produit 100% ricain, comme un bon gros burger fait maison. Rien de gastronomique, c’est simple mais putain qu’est ce que c’est bon et que ça fait du bien !


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Si le Bronco va faire son come-back en 2021 ce n’est pas vraiment un hasard. Chez Ford, depuis quelques années, on a remarqué que la côte d’amour du premier modèle ne cessait de grimper depuis quelques années. Les modèles flambants dépassent maintenant les 100.000 $. Il n’en fallait pas plus pour que les têtes pensantes du service marketing de l’ovale bleu se disent qu’il y avait surement de quoi remplir les caisses et après avoir disparu du catalogue en 96, le Bronco s’apprête à faire son grand retour, avec un dessin qui, j’vous l’donne en mille, s’inspire largement de celui de 66. Vous m’direz, ça aurait pu être pire, surtout que les première voitures misent en pré-commandes, ont toutes été réservées en moins d’un journée !

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Et c’est pareil pour l’ancien. Avec plus de 200.000 engins écoulés de 66 à 77, certains pros sont devenus des “barnfinds hunters”. Une fois la main mise sur une de leurs proies, elles reprennent vie avant de retrouver sous le marteau d’un commissaire priseur.

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C’est le cas du Bronco qui vous pulvérise la rétine depuis le début de cet article. Né en 69, il a été remis au gout du jour, avec un traitement qui mélange restomod et custom. Malgré un look sobre, il cache un taf de dingue réalisé sur mesure du sol au plafond. La caisse a été entièrement refaite et chaque panneau redressé et aligné au laser avant de recevoir sa robe Audi RB Ipanema Brown, qu’un blanc crème vient réhausser en recouvrant le hard top, les bas de caisse et tours d’ailes, les pare-chocs et les jantes tôles en 18” devant et 20” derrière.

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Effectivement, difficile de les remarquer puisqu’elles sont lovées tout là haut dans les ailes… la faute à un châssis réalisé sur mesure afin de permettre aux bas de caisses d’aller claquer contre l’asphalte, via la magie du airride, et des roues indépendantes qui sont venues remplacer les bons vieux ponts rigides d’origine. Vous aurez compris que, de la direction au freinage, tout est neuf et moderne, pas dans le but d’aller shooter un time attack, mais au moins pou éviter se vautrer dès le premier virage venu. De toute façon, l’excès d’optimisme est limité par le 4 cylindres qui sommeille sous le capot. Oui, oubliez les 8 gamelles goulues. On retrouve à la place un 2.5 l Duratec de 200 ch, accompagné d’une boite 5 manuelle.

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Si l’extérieur fait déjà mal, l’intérieur n’a rien à lui envier. Moquette et cuir caramel, tissu tartan blanc et marron, volant Billet, sono piqué au dernier concert de Snoop Dogg, tableau de bord couleur caisse avec quelques touches de chromes, n’est rajoutez plus. C’est parfait, aussi propre qu’accueillant, même s’il se limite cependant à ne recevoir que deux personnes. En même temps, la gueule de l’engin correspond plus à l’esprit d’un célibataire en chasse qu’à celui du bon père de famille qui s’apprête à mener maman et les jumeaux à Disneyland !

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Ok, on est loin de la théorie des 4×4 que je vous ai déblatéré au début de l’article. Quoique, pas tant qu ça puisqu’aujourd’hui, rouler en 4×4, c’est surtout rouler différent. Bah ce Bronco il le fait bien à l’arrivée…

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