Dans les 60’s, quand tu roulais en pick-up, soit t’étais surfeur, soit t’étais chasseur ! Et comme en Angleterre, c’est plus commun de croiser les seconds plutôt que les premiers, à la British Motor Corporation, on s’est dit qu’une Mini avec le cul plat, pouvait éventuellement trouver sa clientèle pour y flanquer des carcasses de sangliers encore fumantes…

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“Allez, v’nez lire mon article, j’y parle de pâté de sanglier !”.  Oui je vous l’accorde, j’ai déjà pondu des intros bien plus glamours… Enfin, pour en revenir à notre petite Mini (pléonasme !) sachez que malgré les apparences, elle n’est pas sortie de l’atelier d’un quelconque génie de la disqueuse et du poste à souder. La version pick-up du best seller iconique anglais était disponible au catalogue de la British Motor Corporation (qui deviendra ensuite British Leyland), au rayon des utilitaires en compagnie du Mini Van.

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Le succès de la petite voiture économique de la BMC fut tel que la marque, même si elle était relativement coincé par son concept aussi mignon que compact, a réussi à en faire un break (estate), un van, un cabriolet des plages (Mini Moke) et un pick-up. Dès 1961, la gamme s’est donc étendue pour aller séduire ceux qui cherchaient un utilitaire… mais pas trop. En tout cas, ça allait séduire un peu plus de 58000 clients.

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Fallait pas rêver, si le pick-up reprenait la plateforme du Van pour offrir une surface de chargement cohérente pour le gabarit de la voiture, il n’y avait pas non plus de quoi se prendre pour un bucheron du Wisconsin. A la rigueur tu pouvais déménager ton cousin de sa chambre d’étudiant, et encore ! Mais pour les meubles en chêne massif du palais de Buckingham, un peu d’essence et une allumette seraient d’une bien meilleure utilité ! D’autant plus que l’engin devait compter sur le 4 pattes de 1275 cm3 gavé par deux carbus SU. Difficile de jouer aux déménageurs bretons !

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Du coup ça sert à quoi ? Eh bien à aller s’amuser sur des petites routes enneigées (ou pas), oui, avec elle aussi. Même avec son empattement plus long, quand on est au volant d’un jouet de 3m40, 680 kg et 69 ch, avec un centre de gravité à 10 cm du sol et des voies larges, on soude et on essaie de passer à fond partout. Sachant que le “à fond” de ce genre de caisse, ça rime avec plaisir et sensations, même a ralenti ! C’est un “à fond” avec lequel tu risques pas de te retrouver élevé au rang de criminel de la route.

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Après, comme sur ce modèle de 72, rien n’empêche d’y coller quatre Minilite, une belle robe noire brillante, des chromes étincelants ou une benne habillée en bois verni. Et le level est identique dans l’habitacle. Tableau de bord en ronce de noyer, volant trois branches cuir, sellerie en vinyle pour une ambiance plutôt… rouge ! Ca claque la rétine, et ça va plutôt bien à l’esprit pétillant de la Mini.

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Elle vous donne des idées ? Faut reconnaitre que la Mini offre un potentiel de dingue… Entre les swaps de gorets, la turbalisation vulgaire, les préparations de chtarbés, voire les trois mélangés, les versions énervées font parti de l’ADN des Mini. A croire qu’à sa naissance, Alec Issigonis et les ingénieurs de la BMC se sont dits “on va s’arrêter là, comme ça pour le reste, ils auront le choix de faire comme ils veulent”. Le premier à y avoir mis le nez dedans, c’est un certain John Cooper, créateur de F1 entre autre. C’était en 1961, il avait parié qu’il pouvait rendre la petite anglaise plus sportive. D’autres ont pris la suite, pros, amateurs ou simples passionnés… et ça fait plus 60 ans que ça dure !

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© RM Sotheby’s