Duesenberg, une marque qui sonne carrément années 30. Al Capone et consors, les grands de l’époque de l’autre côté de l’Atlantique ont tous roulé en Duesenberg. Et puis, crise oblige, la marque a disparu… Jusqu’en 1966 !

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Comment ça, ça vous dit rien ? Putain les gars, le boss dirait “Et pourquoi Ducros il se décarcasse ?!”, et il aurait raison. Vous en connaissez beaucoup vous, des sites qui abordent Duesenberg ?! Surtout qu’on vous avait promis d’y revenir. Eh ben nous y voilà. On reprend l’histoire où elle s’était arrêtée, suite au rachat puis à la dissolution du groupe Cord.

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Figurez-vous que dans les années 60, Fritz Duesenberg le fiston d’August s’associe au designer Virgil Exner de la maison Chrysler pour tenter un truc. Relancer la marque. Pour ça, il tape aussi dans la banque de pièces de chez Chrysler, puisque la base de la nouvelle Duesenberg Model D est issue d’une Imperial.


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Sous le capot, on retrouve un bon 440 ci (7.2 L) upgradé et fort de 425 ch. Le tout est associé à une boîte auto qui envoie les poneys aux roues arrière, 4 freins à disques, et… Mécaniquement c’est tout. En même temps, c’est pas vraiment ce qui nous intéresse ici.

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Non, quand on s’aligne sur un marché où la concurrence s’appelle Rolls-Royce et Bentley, la mécanique n’est que secondaire, on s’attend juste à ce qu’elle soit “suffisante”. Le dessin de Exner est envoyé avec le châssis chez des experts, la Carrozzeria Ghia en Italie. Rallongé de 35 cm et habillé, la Duesenberg Model D est un vrai mix entre un néo-rétro classique et le style des grandes berlines US des 60’s. Alors c’est assez clivant comme délire, puisque de devant, c’est juste une tuerie visuelle.

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On retrouve les caches feux qui feront fureur 10 ans plus tard et qui se mêlent parfaitement aux fausses ailes de roues so 30’s. On retrouve aussi la signature visuelle des Duesenberg, à savoir une calandre très proche de celles qu’on trouvait à l’époque. La ligne reste fluide jusqu’à ce… Qu’on y reluque le cul. Ouais, j’arrive pas à vous expliquer pourquoi, mais j’ai l’impression qu’il manque un truc. C’est sympa, mais on reste un peu sur sa faim, on aurait aimé avoir un truc au niveau du devant. Mais passons, ça reste une caisse très réussie, et puis on a même pas encore causé du dedans.

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Parce que quand on passe les portes suicide, on rentre dans un autre monde. Le luxe à l’américaine est ici bien au-delà d’une Cadillac. On joue dans la même cour que les concurrents anglais. C’est une explosion d’opulence, avec du cachemire, du cuir, du (vrai) bois, et plein d’autres trucs qui plairont aux occupants des places arrière. D’ailleurs c’est surtout le point fort de cette caisse, elle s’apprécie avec chauffeur. De derrière, les occupants (avachis dans les banquettes) peuvent profiter du confort tout en gardant un œil sur la vitesse grâce au mano intégré.

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Côté roturier chauffeur, c’est limite ambiance B52. On retrouve un énoooorme volant 2 branches, le tout associé à pléthore de compteurs classiques, mais aussi à des trucs un peu moins communs. Ouais, genre un altimètre intégré dans la console centrale, en mode Jet Privé des années 50. Classe, et peu commun. Bien sûr le tout est livré avec la clim, la radio, bref, tout le tintouin pour voyager un minimum confort dans les 60’s.

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Bon, alors du coup c’est là que je dois vous dire qu’elle a sillonné les routes, que tous les grands de ce monde en avaient, que ça a tourné autour de la place du casino à Monaco ou… Pas. Non. En fait, le fond d’investissement qui soutenait le rejeton Duesenberg à décidé de retirer ses billes après un concept fonctionnel produit, et un carnet de 50 commandes. Dedans on avait entre autres Elvis Presley, Jerry Lewis… Mais bref, le capitalisme à eu raison de cette renaissance morte… Née.

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N’en reste donc que cet exemplaire unique, rare tentative de faire revivre une marque à la gloire passée. Ceci dit, on peut quand même citer d’autres marques qui ont plutôt réussi leur coup, comme par exemple, Bugatti, mais soutenue par VW. En attendant, il se peut qu’on revienne vous causer de Duesenberg, parce que l’histoire va se répéter…

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