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Allez, laissez vous pousser la moustache, sortez la chemise à fleurs et essayez de trouver deux doberman que vous appellerez Zeus et Apollon… ouais ok, les caniches de la voisine feront l’affaire ! Il est temps d’embarquer dans votre Ferrari 308 GTS Quattrovalvole biturbo… biturbo ? C’est quoi ce bordel ? C’est pas écrit dans le scénario ça !

La Ferrari 308 GTS c’est le célèbre déplaçoir de Thomas Magnum. Sachez qu’avant de faire déambuler Tom Selleck en italienne, la production comptait utiliser un autre cheval cabré, celui de Stuttgart, une Porsche 928. Mais pour pouvoir faire de prises de vues aérienne, Hollywood allait demander au constructeur d’équiper exceptionnellement la voiture d’un grand toit ouvrant. Sauf qu’à l’époque, Porsche n’avait pas pour habitude de modifier ses voitures, même sur demande spéciale… contraint de refuser la proposition, la production allait ainsi se tourner vers la berlinette de Maranello et de son toit Scoperta… ou targa, mais le nom ayant été déposé par Porsche, Enzo se contentera d’un simple « S ». En tout cas, quand on voit l’association qui a été faite entre le détective et sa monture rouge, et notamment le coup de pub mondial que ça a donné à la 308, chez Porsche, on a dû s’en mordre les doigts ! Certains n’hésitant pas à clamer que le succès commercial de la Ferrari (plus de 12000 voitures produites de 75 jusqu’en 85, du jamais vu chez Ferrari !) est en partie dû à la série.

A Maranello, la Ferrari 308 GTS Quattrovalvole c’est la dernière évolution avant le petit restyling qui donnera naissance à la 328 à partir de septembre 85. Alors que le passage des Weber double corps à l’injection Bosch K-Jetronic lui avait fait perdre 41 ch, l’arrivée des culasses à quatre soupapes par cylindre lui fera regagner une grosse partie de la cavalerie perdue.

Avec 240 ch pour 1275 kg, la petite 308 avait de quoi shooter le 0 à 100 en 6,7 secondes avant de passer les 400 m en moins de 15 et la borne kilométrique en 26,9. Aujourd’hui, ça peut faire sourire, mais en 83, ça faisait de vous un aigle de route ! Enfin, plutôt un étalon…

Maintenant, ça n’empêchait pas certains de trouver ça un peu « just », même à l’époque. Enfin on pense, car le proprio actuel ne sait pas vraiment de quand date la greffe, mais en tout cas, le V8 est maintenant équipé d’un kit Prancing Horse pour le passer en respiration forcée en voyant deux escargots lui souffler dans l’admission, accompagné de filtres K&N dans les boites à air et géré par un ECU remappé. La seule chose qu’il sait c’est que le gazier avait rendu l’âme en 2005 et a ensuite été reconstruit, renforcé et que les deux turbos IHI RHB52 ont été remplacés.

Pour le reste, à part le mano de pression rajouté sur la console centrale, rien n’a été modifié. La boite / pont et le DGL sont signés ZF. Les jantes en étoile sont chaussées en TRX de 220/55. Le freinage est d’origine. Et dans l’habitacle rien ne vient perturber le pilote qui ne se sent pas dépaysé dans les légers baquets tendus de cuir noir, le volant Momo dans la main gauche et la droite prête à faire claquer le levier sur la grille métallique.

Par contre, sous le pied droit, il doit maintenant composer avec 350 ch… en fait l’objectif cherché par Prancing Horse n’était pas d’en faire un monstre capable de fondre ses pneus. Non, les turbos soufflent gentiment à 0,5 Bars pour lui offrir du couple en bas et un peu de violence en haut. Une façon d’éviter le décalage horaire entre le pied droit et le coup de pied qui vous arrive dans le derrière. Ainsi armée, l’italienne gagne un peu plus d’1 seconde sur le 0 à 100, et mange le 400 m en 13,5.

Rien ne laisse présager le nouveau pedigree de cette Ferrari 308 GTS. Même s’il n’est pas délirant, il doit en scotcher plus d’un. Puis n’oublions pas que la berlinetta, du haut de ses 40 balais, n’a pas été conçue pour en avoir autant… quoiqu’elle a l’air de plutôt bien encaisser.

© narotta via BaT