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Chez Retropower, on aime les vieilles Opel… mais plus particulièrement l’Ascona. Oui, l’Ascona, la caisse de tonton Roger… aussi sexy qu’une bonne soeur en soutane (la voiture hein… pas tonton Roger !). Mais aussi la seule de la famille Opel qui a permis au constructeur allemand d’aller rafler son seul et unique titre au championnat du monde des rallyes une fois devenue Ascona 400 !

Oui, pour la minute culture, l’Opel Ascona est la seule Opel qui a réussi à ramener un titre mondial en rallye… celui des pilotes avec Walter Röhrl en 1982. En domptant l’Ascona 400, il réussissait à résister aux Audi et à leur nouvelle transmission Quattro. D’ailleurs l’Ascona sera la dernière propu auréolée du titre pilote (pour celui des constructeurs, ce sera la Lancia 037 l’année suivante) avant l’hégémonie dominatrice des quatre roues motrices.

L’Ascona 400 répondait au besoin d’homologation en Gr.4… ni plus, ni moins. Comprenez par là que pour la version stradale, Opel n’allait pas pour autant se lâcher. Présentée en 79, elle affiche pourtant un sacré pedigree. Kit carrosserie Irmscher et mécanique Cosworth avec un 4 cylindres 2.4 l double arbres capable d’envoyer 230 ch aux roues arrière… et même jusqu’à 320 dans les configs les plus énervées. Sauf que pour la version de route, le gazier est tapé dans tous les coins pour se contenter de 144 ch. Pas de quoi se resservir du dessert !

C’est surement pour cette raison que chez Retropower, on a voulu faire d’une Ascona B banale, un monstre siglé 400 en hommage à celle qui n’a jamais existé… ou du moins à celle qu’elle aurait du être. Pour cela, ils ont trouvé une base, une coque d’Ascona B, un coupé, qui pourrissait dans le jardin d’un certain Jason Johns. Convaincu par le taff réalisé par l’équipe anglaise sur l’Ascona de son ami Curt Pattinson – le tout premier projet de restauration à sortir de chez Retropower – il n’a pas longtemps hésité à leur confier son… épave !

Difficile ne voyant le résultat de s’imaginer que l’équipe est partie d’un tas de tôle bouffé par la rouille. Mais une fois mise à nue, les choses sérieuses allaient pouvoir commencer. Refaite à neuf, elle allait rapidement recevoir le kit Irmscher, celui des Ascona 400 originelles. Pare-chocs, bas de caisses, fender flares, ducktail, capot aéré, ailerons d’ailes et pour réveiller le tout, une robe Signal Orange.

Pour la suite, Jason avait quand même signé pour une routière capable d’aller chauffer l’asphalte des circuits. Pour remplir le deal, les trains roulants sont alors réalisés en double triangulation, maintenus par des amortos Bilstein avec ressorts sur mesure, passage en polyuréthane, freinage complet Wilwood avec à l’avant des étriers 6 pistons, l’ensemble caché derrière des jantes BBS RS en 8 et 10 x 15″.

Avec un tel level, il fallait le gazier qui va bien… en l’occurence un C20XE (le 2.0 l 16s de 150 ch qui équipait la Calibra) refait à neuf, revu du carter à la culasse et dopé au compresseur Eaton M90 (emprunté à une Jaguar XJR). Libéré et shooté, avec un boost réglé à 1 bar, le 4 cylindres dégaine 300 ch bien énervés et encaissés par une boite Getrag associée à un pont Salisbury avec différentiel à glissement limité d’origine Jaguar lui aussi.

Pour maitriser la bête sans arrière pensée, l’habitacle a été débarrassé de tout parasite, entièrement vidé et juste équipé de l’essentiel… c’est à dire baquets Sparco, harnais, tableau de bord floqué avec batterie de manos pour veiller au grain et platine alu sur la console afin de recevoir le bouton de démarrage, le coupe circuit et l’interrupteur pour forcer le ventilo en cas de grosse attaque.

Cette Opel Ascona à la sauce Retropower est loin d’être une banale copie de l’Ascona 400. Elle s’en inspire et plutôt que de faire un grossier copier – coller, elle apporte sa propre personnalité. Tout est parfaitement assumé, à l’image de l’esprit british. Ca ne frustre pas les puristes et ça plait aux fans. Sont forts ces anglais !

© Retropower et signatures éventuelles