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Dans les 70’s les gars qui courraient en Ford Capri avaient tendance à avoir tous la même prépa. Un V6 Essex tapé dans tous les coins. Pour sortir du lot, le pilote sud africain Basil Green a eu l’idée d’y coller un V8 Windsor… sauf que pour être homologuée, il fallait en produire 500… alors il les a faites ! 500 Ford Capri Perana V8…

Bon l’histoire de la Ford Capri j’vais pas la refaire… les européens et les britanniques, jaloux de voir les américains s’amuser au volant des Mustang ont décidé d’imaginer leur propre version, plus adaptés aux standards… comprenez par là plus compacte et moins copieuse en cylindrée. Donc pendant que la Mustang se faisait remuer par un V8, sa cousine européenne devait se contenter, au mieux, d’un V6… sauf en Afrique du sud.

La faute à Basil Green, un ancien mécano de chez Cooper. Notre homme a participé à l’épopée du constructeur anglais en F1. Après une longue carrière sur les circuits internationaux en 1967, il retourne en Afrique du sud afin d’ouvrir son propre garage spécialisé dans la pose des bornes de recharges pour voitures électriques… oups, pardon ! Non, avec un tel CV Basil s’est spécialisé dans la préparation de Ford. En 74, il devient d’ailleurs importateur et distributeur sud africain officiel pour la marque à l’ovale. Aujourd’hui encore, il est l’un des acteurs majeurs de Ford.

Mais ce qui nous intéresse c’est surtout son ADN, la course auto. Le Basil Green Motors va vite de venir la référence pour qui veut courir en Ford. Le constructeur se faisant même le partenaire officiel du préparateur. Et généralement, quand t’as le soutien de la maison mère, tu peux te permettre pas mal de chose bien décalées et débiles. En tout cas, Basil Green ne va pas se gêner. Pour rendre ses créations plus agressives et impressionner ses concurrents, il décide d’appeler ses voitures Piranha… mais le nom étant déposé, il trouve une feinte et le transforme en Perana.

En 67, il ouvre le bal avec une Cortina MKII GT à laquelle il va greffer un V6 Essex. Un an plus tard, sa voiture est en vente dans concessions sud africaines. Il enchaine l’année suivante avec la Ford Escort Perana, qui elle, se retrouve dopée par un bloc de Pinto revu par les ingénieurs de Basil Green Motors. Une fois encore, la voiture rejoint le catalogue de Ford en Afrique du sud.

Celle qui nous intéresse a suivi la lignée en 69. Ce coup ci, c’est la Ford Capri qui prend sa race en accueillant le V8 Windsor de la Mustang sous son capot. Mais avant, l’équipe de Basil Green y colle un carbu Holley, une pipe d’admission en alu, des arbres à cames plus pointus et des soupapes de ressorts plus raides. De quoi le faire passer à 281 ch avec 406 Nm de couple. Histoire d’encaisser, la Capri Perana va recevoir des éléments de Ford Falcon et de Mustang. Elle devient un modèle à part entière, proposée avec une boite manu 4 vitesses accompagnée d’un DGL, avec deux couleurs au choix, jaune vif ou rouge Piri Piri… mais il était possible avec une petite rallonge, de faire personnaliser sa robe. Basil Green le fera sur la sienne qui s’affichera en vert.

Bref, la Ford Capri Perana V8 file à 228 km/h après avoir passé la barre des 100 km/h en 6,7 secondes et celle des 400 m en 14. Mais l’essentiel est ailleurs… 500 voitures vont être assemblées et commercialisées (enfin, sur ce point, certains disent qu’il y en aurait eu seulement 400 et que la fédération sud africaine lui aurait fait une fleur…!). De quoi décrocher l’homologation de Gr.5 et le ticket d’entrée au Championnat Sud Africain de Touring Car. Le Basil Green Motors engage une seule voiture dont la puissance dépasse les 400 ch. Elle va remporter 13 des 14 courses de la saison 70, obligeant les institutions à revoir le règlement pour la saison 71 et cesser cette domination.

L’année suivante, Green revoit la voiture, l’homologue en Gr.2 et débarque avec six Capri Perana (C’est l’une d’elle que vous avez devant les yeux). Bien qu’elle ait été « bridée » elle affiche toujours 350 ch. Elle continuera de surpasser ses concurrentes pour remporter deux nouveaux titres en 71 et 72.

En 72, elle quitte les circuit et le catalogue de Ford. Basil Green continue de proposer un Cortina III V6 Essex et à partir de 73, il refait le coup de V8 Windsor sur la berline Granada. Elle abandonne le nom Perana, et devient un véritable modèle dans la gamme du constructeur, c’est aussi à ce moment là que Basil Green reprend à son compte la distribution de la marque sur le sol sud africain avec toute la bénédiction de Lee Iacocca en personne qui, pour l’anecdote, se fera importer une Granada V8 aux USA pour en faire sa voiture perso ! Mais ceci est une autre histoire…

© The Motorhood & Classic Driver via Mikey Snelgar