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Se limiter à dire que la Ford Capri, c’est la Mustang européenne, ce serait un peu trop simple. Car la Capri, c’est aussi et surtout presque 20 ans de carrière pour une prod’ qui va flirter avec les 1,9 millions d’exemplaires. Pour un coupé à tendance sportive, ça calme ! Enfin « à tendance »… certains étaient plutôt énervés, comme cette rare version Werksturbo…

L’histoire de la Capri, on en a déjà causé… j’vous ai parlé de la RS 2600 Gr.2, Martin s’est chargé de la 3.0 l et Tim vous a raconté l’histoire de la Zakspeed… puis au pire, notre module de recherche fonctionne très bien ! Donc n’insistez pas, je n’y reviendrai pas.

Au delà des nombreuses évolutions et versions routières, Ford a assuré l’image sportive de son coupé en l’engageant un peu partout où elle pouvait être homologuée. Quand on voit le nombre de Capri qui sont tombées des lignes de production, on se dit qu’en terme de comm’, ça a plutôt bien marché.

Nous sommes au début des 80’s et en Allemagne, la référence sportive pour les GT, c’est le DRM, l’ancêtre de celui qui deviendra plus tard le DTM. Depuis 77, le championnat est devenu le terrain de jeu des monstrueuses Gr.5, des sportives hypertrophiées et turbalisées, aussi impressionnantes que spectaculaires. Mais histoire de ne pas faire fuir les teams plus modestes, les organisateurs y associent en 79 le Rennsport Trophäe à partir de 79. Les voitures sont moins bestiales et doivent obligatoirement découler d’une version routière produite à 200 exemplaires…

Chez Ford, on aligne la Capri en Gr.5… et on gagne le titre en 1981 face aux Porsche 935. Fort de cette victoire, la marque à l’ovale bleu aimerait bien doubler la mise pour la saison 82 en retournant chercher le titre, mais aussi le Rennsport Trophäe… et pour ce faire, ils vont imaginer la Werksturbo, une série limitée de 200 voitures commercialisées exclusivement chez les concessionnaires allemands.

Les Werksturbo affichaient un look inspiré des violentes Zakspeed. La base est celle de la 3.0 S avec sa carrosserie un chouill’ plus musclée. L’avant reçoit un spoiler et le hayon est habillé d’un aileron, tous les deux badgés Ford Motorsport. Les jantes sont des RS en 7,5 x 13″ chaussées en Pirelli P7 en 235/60. Le châssis est revu à coup de suspensions Bilstein, de ressorts plus rigides et de barres antiroulis RS.

Il fallait bien ça pour encaisser la charge du gazier. Le V6 Cologne de 2.8 l garde son gros carbu, gagne un allumage électronique de Granada, un vilebrequin renforcé et équilibré, une grosse pompe à huile avec un radiateur spécifique, mais surtout, un Garrett T4 qui souffle en mode soft à 0,4 bars. La puissance grimpe à 188 ch à 5500 trs pour 279 Nm de couple. La boite 4 manu est aidée par un différentiel à glissement limité. Avec 1180 kg sur la balance, la Capri mange le 0 à 100 en 8 secondes et peut filer à 218 km/h maxi.

L’histoire est cool… mais voilà, pendant que les bons de commandes se remplissent avec l’objectif de décrocher l’homologation, le règlement du DRM change… exit le Rennsport Trophäe et ses 200 voitures. C’est quand même bien la loose et l’aventure de la Werksturbo s’arrête. Il n’empêche qu’avec 155 voitures commandées, la production des Capri Turbo ne s’arrêtera qu’en septembre 82. Aujourd’hui, seulement 77 Werksturbo auraient survécu et 58 d’entre elles auraient été répertoriées. Il n’empêche que pour les fans de Capri, la Werksturbo reste une licorne qui les fait fantasmer ! Prévoyez quand même 50.000 €…

© AuctomobileWerksturbo & signatures éventuelles

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