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Pour moi, la Fiat X1/9, c’est le genre de bagnole qui te rend frustré, comme l’Opel GT. Non sérieux… la gueule est sympa, l’architecture a tout pour plaire, mais quand tu lève le capot, y’a rien ! Alors oui, la caisse était aidée par son poids… mais ça leur aurait fait un deuxième trou d’y coller un ramage en rapport avec le plumage ?! Bon, relativisons… au moins, on peut se lâcher sans culpabiliser !

La Fiat X1/9 est une bonne bagnole. Avec elle, Fiat a osé le central arrière… fallait y aller pour un généraliste, même si à terme, ça n’a pas vraiment payé avec seulement 174000 voitures vendues. Mais ça a fait le job puisque grâce à elle, Fiat s’est forgée une image de constructeur haut de gamme à l’ADN sportif exacerbé. Hein ? Ah non ? Même pas ?! Ah merde !

Bref ! Malgré son look de sportive la X1/9, dans sa version la plus méchante, affichait 85 vaillants chevaux issus d’une 4 pattes de 1.5 l gavé par un Weber double corps. Alors même avec seulement 920 kg, faut reconnaitre que c’était un peu juste pour y donner des perfs à vous fracasser a nuque. Mais bon… l’important c’est pas la vitesse qu’on atteint en ligne droite, mais celle avec laquelle on passe les courbe… du moins tant que la caisse n’essaie pas de te tuer. Et à ce jeu, la X1/9 était plutôt bonne (la vitesse de passage en courbe hein… pas dans le rôle du serial killer !) en s’appuyant sur son architecture favorisant une répartition des masses idéales tout en privilégiant la motricité. Ca faisait pas tout, mais c’était toujours mieux que rien.

En tout cas, notre italienne au look sportif, ne réclamait qu’une chose. Prendre sa race et se faire dévergonder grâce à de la prépa sauvage. D’autant plus que l’engin qui défile devant vos yeux a, dès sa naissance en 74, traversé l’Atlantique pour rejoindre la Californie. Sauf que pour répondre aux drastiques normes antipollution américaines, elle voyait son 1.5 l recevoir une injection électronique à la place du Weber pour chuter à 75 ch…

Après deux proprios californiens, elle change de main en 2010 pour passer en mode véner ! Son bloc castré par l’injection est remplacé par un 1,5 l alimenté par deux double corps Weber. La culasse est revue avec soupapes et ressorts Midwest Bayless Racing  et un arbres à cames plus pointu de chez ARP. L’ensemble mobile pistons et bielles est forgé et vient du catalogue Wiseco. Le gazier expire via un collecteur et une ligne full inox. Il est accompagné d’une boite manu 5 vitesses avec embrayage renforcé et volant moteur allégé. A l’arrivée l’italienne revendique maintenant 145 ch à 7800 trs ! On a connu mieux… mais dans moins d’une tonne, et un châssis aux p’tits oignons, y’a de quoi envoyer du bois et s’amuser.

D’autant plus que le châssis a lui aussi été upgradé. Combinés Vick Autosports, nouvelle crémaillère pour une direction plus directe et précise, freinage avec étriers deux pistons, disques XXl, plaquettes racing et flexibles avia. Le tout caché derrière des jantes tôles en 13″ d’origine élargies, peintes en orange et chaussées de gommes Formula Vitour en 215/50 et 235/50.

Avec un tel ramage, fallait un plumage qui déchire. Le coupé biplace dessiné par Bertone va alors recevoir un kit de type Dallara avec extensions d’ailes et lèvre inférieure avant. Les pare chocs sont virés pendant que des prises d’air débarquent sur le capot et que le toit amovible est équipé d’un event. La livrée Alitalia fait le reste…

Dans l’habitacle, la touche est différente. Oubliez le racing pour un style plus… particulier ! Sièges baquets avec haut-parleurs dans les appuie-tête. Volant Momo à méplat, alcantara de partout, jusqu’au tableau de bord. Jusqu’à là rien d’anormal. Jusqu’à ce qu’on tombe sur le levier de vitesse… un joystick d’avion de chasse. Oui, malgré les apparences, c’est bien un levier de boite manu ! Et ça continue sur la console centrale avec interrupteurs, basculeurs, boutons de démarrage, commandes coulissantes et les plus observateurs auront noté les grilles de ventilation remplacées par des manchons en alu…

Chez nous, les puristes y auraient foutu le feu. Aux States, la voiture a été invitée lors du Concorso Italiano Bertone à Monterey, a servi pour une pub annonçant le retour de Fiat sur le sol américain avant d’être exposée sur le stand de Fiat North America à l’exposition de Pebble Beach… scusez du peu !

© TaliaX via BaT