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Il semblerait qu’il y ait une hiérarchie dans la modification. Modifiez la vieille Super 5 Five de tata Germaine, et vous remarquerez qu’à part 4 talibans, tout le monde s’en branle. Modifiez une Audi V8… et là ça va déjà commencer à râler. Mais touchez une Audi Quattro Sport et c’est la peine capitale. Qu’on lui coupe la tête ! Sauf que cette Quattro Sport, c’est chez Audi qu’on l’a modifiée…!

Quand tu kiffes les bagnoles et que t’es blindé de chez blindé, tu peux tout te payer… sauf le bon gout. Ca, tu l’as ou tu l’as pas ! On l’a déjà vu avec la 300 SL du Sultan de Bruneï, mais aussi avec sa Maserati Khamsin, beaucoup plus réussie. Comme quoi… les gouts et les couleurs !

De son côté, l’Audi Quattro Sport, c’est la légende du rallye, ‘fin, du Gr.B plus précisément. Une Ur Quattro au châssis raccourci pour essayer de répondre à toutes ces bombes qui embarquaient leurs gaziers en position centrale arrière pendant qu’elle, elle devait composer avec son enclume explosive sur le train avant. Et la magie du sport auto voulait que pour pouvoir s’y trémousser, il lui fallait une version stradale… comprenez homologuée route. 200 routières, à peine civilisées.

Si aujourd’hui, ces stradales sont devenues des pièces de collection que les amateurs s’arrachent à des tarifs délirants, ce n’était pas vraiment la même chose. Leur technologie imposait des prix de vente prohibitifs. Et heureusement que leur production était limitée, car certaines mettront plusieurs années pour se vendre… Il se murmure même que, faute de ventes, certains constructeurs cessèrent la production bien avant d’arriver au chiffre d’homologation de 200. Rumeur ou vérité, on ne le saura jamais… en tout cas, certains spécialistes ont déclaré que seulement 161 Sport Quattro sont sorties d’usine (plus 20 réservées à la compétition).

Parmi ces missiles sol-sol, l’un d’eux a été acheté puis renvoyé à l’usine. La raison ? Son proprio, qui n’était autre que le prince Aga Khan, le chef spirituel de la communauté chiite ismaélienne. Trouvant la voiture encore un peu chiche, il demande à Audi d’y offrir un restomod… ou plutôt un programme sur mesure. Mais pas en 85… non. La voiture va passer 13 ans dans sa livrée d’origine avant d’être à nouveau confiée au constructeur allemand en 98.

Allez savoir pourquoi mais ce cher Aga a demandé à Audi une remise à neuf avec, en y étant, une sorte de mise à jour. Ainsi, la Sport Quattro a été désossée, avant d’être entièrement refaite selon les desideratas de Son Altesse.

Au rayon des modifs, si la caisse et le châssis sont refaits à l’origine en profitant des techniques actuelles (la robe bleue est la même que celle qui l’habillait en 85), elle chausse désormais en 16″ afin de recevoir un freinage plus gros. L’habitacle est également entièrement restauré et tendu de cuir crème. Le 5 cylindres, lui aussi refait à neuf, a reçu une p’tite cure de boost pour passer de 305 à 345 ch. Il expire via une ligne sur mesure.

Si les travaux ont duré 5 longues années, le plus grosse spécificité a été administrative. Eh oui, la voiture était immatriculée en France. Sauf qu’une fois terminée et modifiée, elle n’allait plus répondre aux conformités constructeur et ne serait donc plus homologable. Certains se seraient largement contenté de la carte grise d’origine, mais pas chez les Khan. Alors Audi Quattro GmbH a dû racheter la voiture, faire les travaux, l’homologuer à Munich, l’inscrire au registre du constructeur avant de la refaire homologuer en France afin qu’elle puisse rouler en toute légalité… pourquoi faire simple ? Ah non, je ne parle pas d’Audi, mais de l’absurdité de notre système alacon aussi stupide qu’absurde !

Alors ? Tuning constructeur ou vraie Audi Quattro Sport Evo ? Vous avez deux heures avant que je ramasse les copies…

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