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Vous savez quoi, imaginez que vous avez un 1JZ qui traine et prend la poussière sur une étagère au fond du garage. Reste donc plus qu’à y trouver un capot sous lequel il pourrait poser ses pistons. Une AE86 ? Une Corolla ? Ben non, oubliez. L’engin qui va l’accueillir toutes ailes déployées, c’est un 4Runner… un 4×4 qui risque de voir sa vie méchamment remuer !

Le Toyota 4Runner (Hilux Surf au Japon), c’est une sorte d’hybride entre un pick up et un coupé. Pour faire court, c’est un SUV bien avant qu’il ne devienne à la mode. Quand il débarque au catalogue du constructeur en 1984, un 4×4, c’est un utilitaire transformé en pseudo familiale, un Hilux avec une banquette à l’arrière et un hard top (qui finira par passer à la tôle). En tout cas le look est cool et original.

Par contre niveau châssis, on reste dans l’agricole.. en même temps à l’époque, les 4×4 n’étaient pas encore tendance. C’est du classique avec ressorts à lames et pont rigide… mais c’est du solide, voire de l’indestructible. Et sous le capot, c’est du pareil au même, aussi costaud que le reste. Des 4 cylindres ou des V6 qui misent plus sur le couple que sur la puissance. Du coup, on y colle une zone rouge à un régime « dieselistique » et croyez moi, la tôle aura beau se faire bouffer par la rouille et l’habitacle se désintègrera que vous continuerez à enchainer les tours de compteurs et les kilomètres. Le Toyota Hilux (et donc le 4Runner), c’est Highlander… pour le tuer, faut y enlever le moteur !

Je m’offre une superbe transition pour vous causer de celui que je vous ai dégoté. Bon, oubliez le côté cruising le coude à la portière ou le franchissement avec le différentiel verrouillé et le crabotage sur le rapport le plus court. Nan, celui là, il est là pour fumer du pneu et manger de la ligne droite.

A la base l’engin est un 4Runner SR5 (une sorte de pack sport) de 85 qui était équipé du 4 pattes de 2.4 l qui venait tout juste de recevoir l’injection pour sortir 115 ch et 190 Nm de couple… en l’état, il n’y avait pas de quoi s’aligner au départ d’un 400 m. Enfin, ça c’était avant… avant qu’il se retrouver avec un 1JZ GTE entre les ailes.

En effet, en 2008 le 4Runner est quasiment détruit dans un accident. Il se retrouve pendant 12 ans à pourrir au fond d’un garage, attendant que la rouille le fasse peu à peu disparaitre. Finalement, sa survie va prendre forme en 2020… avec une restauration complète et l’arrivée du fameux 6 en ligne de 2.5 l biturbo. Sauf que pour l’occasion, il va être revu du carter à la culasse. Il est maintenant shooté par un seul turbo, un Precision 5862 monté en top mount sur un collecteur inox accompagné d’une dump valve TiAL et d’une wastegate. Le pimping est son intercoller sont réalisés sur mesure. L’injection, le refroidissement, la gestion, rien n’est laissé au hasard. Au final, le gazier sort 700 ch en tournant à l’éthanol.

Une boite 5 manuelle empruntée à un 4Runner de 92 se charge de passer les watts aux roues arrière. Pour tenir le choc, elle a été entièrement refaite, renforcée et associée à un embrayage ACT et un short shift Marlin Crawler. Il est toujours possible de passer en transmission intégrale via une boite de transfert Trail Gear à double embrayage. Enfin pour distribuer la cavalerie, on peut compter sur deux différentiels Yukon pendant que l’arbre de transmission et le pont sont signés Tom Woods alors que le train avant vient du catalogue Longfield.

Tant qu’on est au niveau du châssis, on notera les amortisseurs et un kit complet de barres et tirants Tail Gear 3 qui vient rehausser l’engin (ouais je sais, d’habitude on pause !) de 3″. Tout est une fois encore renforcé, équipé de barres antiroulis, d’étriers de Toyota Tundra alimentés par des durites avia afin de mordre des disques percés et rainurés. La direction PSC Motorsports est maintenant assistée. L’ensemble est posé sur des roues Fuel Offroad Trophy de 9×18″ chaussées en Toyo A/T Open Country de 35×12,5.

Quand on voit son look, on s’dit bien qu’il y a quelque chose qui a changé, mais on est loin de se douter que le monstre cache un tel potentiel. Je ne parle pas de time attack, car vue la hauteur, les pneus et l’architecture du châssis qui a quand conservé ses lames en guise de ressorts, ça doit être rock’n roll dès que la route se met à tourner ! Mais en ligne droite, ça doit quand même être quelque chose. D’autant plus qu’en dehors de l’intercooler, il cache plutôt bien son jeu, se contentant d’un robe grise argent, de barres qui font office de marche pied et de pare-choc, d’une bâche et d’un arceau Softopper qui sont venus remplacer le hard top.

Dans l’habitacle on retrouve deux baquets Corbeau, une nouvelle console centrale équipé d’une unité Kenwood avec écran tactile. Des commutateurs ont poussé sur le tableau de bord afin de pouvoir piloter les ventilos et les longues portées. Vous remarquerez aussi le volant Momo Champion, le boost controler Innovate Motorsports, les différentes commandes électriques, et le compteur numérique Racepack.

Merd*… l’engin de mort ! Coller 700 ch dans un 4Runner dont la conception date du début des 80’s, ça doit offrir son lot de sensations. Et je reconnais que poutrer un Cayenne ou un Q7 dans une brique de 40 ans, ça doit être priceless !

© malachim via BaT