Et si on parlait d’aileron ? 4


S’il est un signe de puissance, de virilité et de réussite sociale (Si, si on peut le dire !) c’est bien lui. Plus il est haut, plus il est gros et plus il impose le respect. Oui, lui, c’est l’aileron, celui qu’on expose fièrement sur le cul de sa caisse, symbole de puissance et de performances… ou de gros looser en manque de masculinité !


Haaaa, l’aileron ! C’est l’accessoire idéal pour qui veut donner un aspect sportif à sa bétaillère mazoutée et familiarisée ! Que ce soit un Renault Scenic, une Fiat Panda, un Land Rover ou une Nissan Micra, chaque voiture possède son choix d’aileron. Puis au pire, il en existe des universels… A partir de là, c’est le délire absolu, du discret becquet aux monstrueuses ailes bi voire trip-plan, il ne connait aucune limite si ce n’est le budget et la taille.

A la base, le truc est quand même vachement sérieux puisque son rôle 1er, est d’ajouter de l’appui sur la caisse afin d’en améliorer la motricité, l’adhérence et la stabilité… donc les performances. Attention, il ne s’improvise pas, aérodynamicien, c’est un métier sérieux qui nécessite ne faire de longues et chiantes études, mais au final, si vous bossez chez Airbus, Williams ou Ferrari, ben ça le fait !

Ses origines remontent aux années 50. En compétition, Mercedes utilisait un volet mobile qui pouvait servir d’aérofrein et ainsi venir en aide aux tambours qui peinaient face aux freins à disques des Jaguar Type C. La mode était lancée et les ailerons commencèrent a se démocratiser en sport auto. Et forcément, dès que les ingénieurs trouvent une astuce, ils la dissèquent dans tous les sens et cherchent à l’extrapoler ! Donc une aile mobile, si ça aide à freiner, ça aide à tenir la route, ça rajoute de l’appui, ça aide à motricer et ça peut servir à l’apéro quand Gérard il a oublié la table pliante !

Donc l’aileron a commencé à grandir, à fleurir de partout sur les caisses, sur le toit, sur le coffre, au milieu du hayon, sur les pare chocs-avant avec les canards, sur les côtés avec les flaps, ou directement à l’avant, qu’on a aussi appelé spoiler. Si Porsche en équipera une 550 en 58, le 1er à développer et réellement étudier la mise au point de ce nouvel outil de performance sera Jim Hall qui en équipera la Chaparral 2F en 1967, suivi des Porsche 908 et 917 en 68 et 69 qui utilisèrent un dispositif mobile ! Puis tout le sport auto s’y est mis, NASCAR, Indycar, GT, proto, rallye, touring car, dragster… et bien sûr F1.

Après le sport, les ingénieurs se sont dits que sur les sportives, ça pouvait aider à ne pas s’enrouler autour d’un arbre sur les départementales et ne pas s’envoler sur l’autoroute…. les proprios de Lamborghini Miura et Countach pourront confirmer (Du moins ceux qui sont toujours vivants !).

En 1969, Dodge et Plymouth furent les 1ers à proposer ses séries limitées de leurs Charger et Road Runner, alias Daytona et Superbird, toutes les 2 équipées d’ailerons digne des grattes-ciel New-Yorkais (Merci à Loris pour la précision). En 1972, la Porsche 911 Carrera RS adopte le 1er aileron sur un modèle de production. La queue de canard, devenue aussi célèbre que la voiture qu’il équipe ! Tout comme celle qui débarquera en 75 avec sa planche arrière, la 911 turbo. Depuis, c’est un florilège, plus ou moins discret, plus ou moins efficace…

Sachant que l’aileron a ses légendes, ses références, et pas qu’une. Comment publier la Ferrari F40, les Sierra et Escort Cosworth, les Dodge Charger Daytona et Plymouth Road Runner Superbird, la Countach justement qui décollait à l’approche des 300 km/h. Les japonais aussi l’ont vite adopté, sur leurs Supra, Skyline, Impreza, Lancer… On peut aussi noter la Venturi 400 GT, la Porsche 996 GT3, les monstres qu’étaient les CLK GTR, McLaren F1 LM ou Porsche GT1, ou plus discret sur les M3 CSL. Il est même devenu amovible, comme sur la Bugatti Veyron, la McLaren MP4-12C, ou la nouvelle Porsche Panamera Turbo. 

Comme souvent, d’un équipement utile et fonctionnel, la bande des kékés et différents jackos en ont fait également un accessoire esthétique… et c’est justement là que c’est parti en couille ! L’aileron est devenu le symbole d’une génération tuning, au même titre que le néon, le caisson de bass, le flaming, les gicleurs chromés et les compil « Thunderdome » !

Les hayons adoptaient le style RS Cosworth, les coffres préféraient le style racing avec les supports alu et les multi-lames Gillette, réglables ou pas. On a touché au nirvana de l’appui avec l’aileron de la Sub Impreza WRC et les multi-plans de certaines 911.

Puis il y a les hors catégories… ceux qui ne font jamais comme les autres, mais qui ont laissé le style et le bon gout bien enfermés au fond de leur slip ! Des 309 mazoutées qui recevaient plus d’appui qu’une Ferrari F1, des Clio échappées du Mans ou des Honda Civic avec tellement d’appui qu’elle doivent creuser des sillons dans le bitume ! Et comment ne pas parler des Bosozoku, mais bon, quand c’est volontaire et pour délirer, ça redevient fun.


Même au niveau des matières, des classieux carbone, alu, en passant par le plastique, la moquette, le bois de palette ou le carton ! Bref, l’aileron, c’est la vie, le style, la pouissanz et la vitessssse… En attendant, avec le temps, il devient plus subtil, évolue en profitant des nouvelles techniques, il réussit à devenir plus discret, utilise la modularité, se lève, se rétracte, se redresse, passe à la verticale… tout ça pour être plus efficace mais aussi plus discret ou esthétique. Et pour les kékés, c’est toujours le symbole ultime de la virilité ! Comme quoi, avec le temps, certaines choses ne changent pas !

©Emmanuel Berra

© SkylineFFM

© Michael D’Silva

© Signatures éventuelles


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