Il n’y a pas longtemps, je vous parlais de la Mercos 190e 2.5 16 Evo II, une bête d’homologation qui allait permettre à la marque à l’étoile de remporter le titre en DTM. Aujourd’hui, avec la Brabus 190 3.6S, il n’y a ni homologation, ni ambition sportive. Non juste l’envie de pousser la 190e dans ses derniers retranchements et de montrer que la berline classieuse peut aussi devenir une sportive sans aucun compromis !

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Et dans cette dernière phrase, vous allez vite vous rendre compte de l’importance du mot « Aucun »… Parce que chez Brabus, quand on fait les choses, on ne les fait pas à moitié ! 


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Chez Mercos, quand on sort la petite 190e, c’est pour aller séduire une clientèle plus jeune tout en lui permettant d’accéder à la classe des berlines étoilées. Stratégie qui va s’avérer payante puisque la 190e va s’écouler à plus d’1.800.000 exemplaires. 

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Mais pour séduire les jeunes, il faut un peu de rock’n roll… Donc la 190e va enfiler le jogging et devenir sportive avec les 2.3 16 puis 2.5 16 qui embarquaient des 4 cylindres revus par Cosworth. Ceux qui voulaient plus de « prestance » mécanique, pouvaient se rabattre sur la 190e 2.6l avec son un 6 en ligne et ses 160 ch tout juste bon à lui permettre de passer les 200 sur la file de gauche de l’autobahn. Rien de sportive… juste une routière avec du coffre à l’arrière et sous la pédale de droite.

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De son côté, Brabus a vu le jour en 77, fondée par Klaus Brackmann et Bodo Buschmann. L’objectif du préparateur est de revoir les modèles étoilés de fond en comble pour en faire des engins exclusifs en fonction de l’épaisseur de la liasse de Deutschmark ! Ca va de la petite prépa jusqu’à la refabrication complète… voir même la vente de modèles spécifiques. D’ailleurs, depuis le temps, Brabus, à l’image d’Alpina, a obtenu le statut de fabricant. Chacun de ses modèles n’arbore plus d’étoile, mais le B de l’usine Bottrop ainsi que son propre numéro de série.

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Enfin, vous me voyez venir… En 88, (Après avoir déjà glissé au chausse pied un V8 sous le capot de la 190e en 1984) l’occasion est trop belle pour Brabus qui décide de présenter le modèle qui manquait à la gamme 190, une sportive mais avec un 6 en ligne, la 3.6S Lighweight… Oui, parce qu’elle allait aussi subir une cure d’amaigrissement ! Un prototype est présenté et… plus rien ! Le projet en reste là, merci de votre attention…

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Eh bien non, c’est sans compter sur un gamin à qui la Brabus 3.6S avait laissé des traces au fond du slip… A croire qu’il ne l’a jamais lavé puisque 20 ans plus tard, notre homme à bien grandi et a plutôt bien réussi sa carrière… Il prend contact avec Brabus et leur fait une demande surprenante. Il veut une 190e 3.6S Lightweight et est prêt a financer, peu importe le prix ! 

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Il fait livrer une 2.6l à Bottrop et après 10 mois de boulot, c’est une 3.6S Lightweight sanglante qui sort des ateliers de Brabus. Elle reçoit un discret kit maison composé d’un spoiler avant et arrière, d’un capot allégé intégrant la calandre et d’un becquet posé sur la malle, censé améliorer l’aéro et ajouter un chouill’ d’appui. Le châssis est signé Bilstein et Eibach et rabaisse la caisse de 30mm. Tout est renforcé et des barres anti-rapprochement fleurissent un peu partout. Les roues sont des Monoblock 1 en 8×16′ chaussées en Yokohama A048S. Enfin le freinage est revu à la hausse. 

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Dans l’habitacle, un arceau vient renforcer la caisse et mettre la banquette arrière à la retraite ! Volant Brabus, baquets Recaro Spa à coque kevlar, harnais 4 points, manos… L’ambiance est tournée vers la course, même si la finition n’est pas pour autant négligée, bien au contraire puisque tout est d’une propreté clinique !

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Sous le capot, le 6 en ligne cube désormais 3.6l (Oui, vous l’aviez deviné !). Tout est revu, arbres à cames, gestions, admission, injection, ligne… il balance 268 ch sur les roues arrière, aidées par une boite manu et un différentiel. La Brabus 3.6 met la fessée à une Evo II avec un 0 à 100 en 6,8 secondes et une Vmax de 255 km/h. Mais pas que, puisque son efficacité vient également de ses 1300 kg. 

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 Elle refait parler d’elle aujourd’hui car elle est à vendre, en Angleterre… et pour 182000 € elle peut venir poser ses roues dans votre garage ! L’occasion aussi de rendre hommage à Bodo Buschmann qui nous a quitté cette semaine…

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Vous remarquerez également qu’à l’époque, Brabus n’était pas encore tombé dans la mode des caisses de footballeurs… L’inspiration venait des circuits, de la course et on préférait encore l’efficacité des châssis à celle des gadgets inutiles et tellement bling bling… Autre période, autres moeurs, mais pas sûr qu’on ait gagné au change !

©  MBClub UK & Photos via Fast Classics