Partage

Prodrive… Vous connaissez non ? Vous en avez au moins déjà entendu parler ?! Si, la structure de David Richards qui faisait courir les Subaru Impreza en WRC… Eh bien justement, en 2006, Prodrive à voulu montrer son level en imaginant et développant une sportive 100% maison… Une sorte de démonstration de ses talents, qui s’appelera Prodrive P2. Père Motor va encore vous raconter une histoire…

Prodrive P2... Un tour et puis s'en va ! 1

Mais avant, difficile de ne pas présenter David Richards, un écossais qui n’est autre que l’ancien copilote d’Ari Vatanen. Le duo remporte le championnat de grande Bretagne des rallyes en 80 puis le titre mondial en 81. Mais il met rapidement un terme à sa carrière dans le baquet de droite afin d’ouvrir a propre structure en 84, qu’il appèlera… Prodrive (Mais ça, vous vous en doutiez déjà !), qui va se charger de préparer et d’engager des voitures de compétition. Son salut viendra dans les années 90… Prodrive va se charger d’engager les Subaru officielles en WRC… Legacy puis Impreza. Et Richards a eu le nez fin puisque la marque japonaise va lui permettre de remporter 3 titres consécutifs en 95, 96 et 97, grâce à Colin McRae, Richard Burns et Petter Solberg.


Etant l’un des acteurs principaux les plus influents du WRC, il va racheter les droits commerciaux de la discipline et devenir le Bernie Ecclestone du WRC. Mais débordant d’ambitions, Richards débarque en F1 en 97 pour remplacer Flavio Briatore chez Benetton. L’histoire ne durera qu’une année, avant que Richards ne revienne en F1 en 2001 à la tête de l’écurie British American Racing dans laquelle il a investi via Prodrive. Au fil des saisons les résultats s’amplifient… Mais tout s’arrête encore fin 2004. Honda s’apprête à signer partenariat avec BAR… la marque débarque avec du cash en rachetant 45% des parts de l’écurie et en fournissant un nouveau moteur… Mais pour que le deal soit validé, elle impose le départ de Richards !

Prodrive P2... Un tour et puis s'en va ! 2

Richards retourne donc à ses affaires chez Prodrive et le team se diversifie avec l’endurance avec Ferrari et surtout Aston Martin. Les relations avec le constructeurs britanniques se renforcent et Prodrive devient la structure officielle d’Aston en endurance. En 2008, Richards refait un appel à la F1… Il a obtenu de la FIA l’autorisation d’engager Prodrive qui deviendrait ainsi la 12ème écurie du plateau. Mais pour se faire, ses monoplaces seraient basées sur les châssis McLaren – Mercedes de la saison précédente… les top-team refusent et menacent même d’entamer des procédures judiciaires si les voitures Prodrive sont engagées. Face à autant de virulence, Richards abandonne son projet F1 en novembre 2007… Et un an plus tard, c’est Subaru qui annonce l’arrêt du programme en WRC. 

Prodrive P2... Un tour et puis s'en va ! 3

On pourrait croire Richards abattu… mais c’est tout le contraire car en mars 2007, en partenariat avec John Sinders et deux sociétés koweïtiennes (Investment Dar et Adeem Investment), il rachète Aston Martin à Ford… on connait la suite, puisque l’écossais est toujours propriétaire d’Aston encore aujourd’hui et que la marque n’a jamais été aussi en forme depuis son rachat. 

Prodrive P2... Un tour et puis s'en va ! 4

Mais celle qui nous intéresse aujourd’hui a vu le jour en 2006… Pour être un businessman et imposer sa loi dans le milieu du sport auto, il faut quand même être mégalo… Tous les grands patrons et team manager l’ont été, Henry Ford, Enzo Ferrari, Ferdinand Piëch, Ron Dennis, Giovanni Agnelli, Lee Iacocca ou encore récemment Carlos Ghosn ! Ils ont besoin de laisser un trace, une empreinte… ou de faire parler d’eux ! Et Richards n’échappera pas à la règle puisqu’en 2006, juste avant de lancer dans l’aventure Aston Martin, il décide de développer une sportive, une routière qui répondrait aux normes FIA pour pouvoir courir sur circuit ou en rallye. 

Prodrive P2... Un tour et puis s'en va ! 5

Prodrive P2... Un tour et puis s'en va ! 6

La Prodrive P2 débarque à la surprise générale. Mais au delà d’un concept, c’est surtout une voiture totalement aboutie qui s’inspire des technologies qu’on a l’habitude de croiser en rallye. 

Prodrive P2... Un tour et puis s'en va ! 7

Son châssis est celui d’une Subaru R1, une kei car qu’on imagine mal devenir un monstre des spéciales et encore moins supporter la puissance de feu que s’apprête à lui greffer Prodrive. Mais elle est disponible en 4 roues motrices et son empattement est court… C’est la seule chose qui va intéresser les ingénieurs britanniques puisque qu’à part la plateforme et son architecture, tout le reste va être entièrement repensé et repris par les ingénieurs. 

Prodrive P2... Un tour et puis s'en va ! 8

Le but est d’y optimiser la motricité et de pouvoir y coller un gazier bien énervé, en l’occurence un Flat 4 2.0l d’Impreza STI lui aussi entièrement revu du carter à la culasse pour développer 345 ch. Il est accompagné d’un anti-lag, d’une boite 6 manuelle, d’une transmission intégrale gérée par deux différentiels actifs, un central et un arrière qui, associés à un pilotage en temps réel de l’anti-patinage, éliminent totalement le sous-virage pour la rendre hyper vive et agile avec un cul aussi remuant et joueur que celui d’une danseuse de twerk !

Prodrive P2... Un tour et puis s'en va ! 9

Prodrive P2... Un tour et puis s'en va ! 10

Cette hyper-sportive à 2 places va ensuite être habillée par un carrosserie étudiée et dessinée par Peter Stevens qui, pour les incultes, était responsable du style et a tracé les lignes d’une certaine McLaren F1. Ce n’est pas la voiture la plus séduisante de sa catégorie, mais tout était orienté vers la performance et l’efficacité. Et il aura fallu pas plus de 9 mois à l’équipe de Prodrive pour partir du feuille blanche aux premiers tours de roues !

Prodrive P2... Un tour et puis s'en va ! 11

La voiture sera même confiée à l’équipe de Top Gear, menée par Clarkson et chronométrée avec le Stig au volant. Les perfs s’avèrent impressionnantes, notamment avec un 0 à 100 scotché en 3.8 secondes, une vmax de 280 et un tour en 1’24″3… soit plus vite que la TVR Sagaris, la Lancer Evo 8 FQ-400 ou l’Alfa Romeo 4C. Le tout ponctué par les hurlement du Flat 4 libéré, les déflag’ de l’échappement et les sifflements de la dump ! Un bon truc de débile… 

Prodrive P2... Un tour et puis s'en va ! 12

Mais dans la psychologie des magalos, les projets meurent aussi rapidement qu’ils naissent… et probablement absorbé par l’aventure Aston Martin, Prodrive annonce qu’elle pourrait couter autour des 50-60.000 €, mais qu’il n’y aurait aucune production envisagée. Le projet Prodrive P2, une voiture hallucinante, performante, qui aura réussi à impressionner Jérémy Clarkson, restera unique !

© Prodrive / Top Gear UK & signatures éventuelles


Partage