La première BMW M3 du constructeur Bavarois signe pour l’avenir de la marque son appartenance à la sportivité. Petite, légère, musclée et énervée comme un gamin qui nage dans une piscine de café moulu, la M3 e30 arrive à point nommé dans l’univers auto comme l’on dégoupillerait une grenade à fragmentation au milieu de ses ennemis. Tous à couvert pour éviter les bombes des rageux du full-stock sur ce qui suit.

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Chez BMW dans les années ’80, on avait le choix entre 3 « sportives » : la 635csi e24, la M5 e28 et la M1, soit trop grosses, trop lourdes, ou vendues à des prix prohibitifs. Sauf que du côté des autres constructeurs, les fameuses « youngtimers en devenir » arrivaient à la pelle. Il fallait que BMW s’aligne face aux petits châssis légers que proposaient les concurrents pour arriver à garder sa clientèle Bavaroise.


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Déclinée en trois versions, elle ne proposera qu’un seul type de moteur, notamment un 4 cylindre ultra rageur. Difficile à croire que la première M3 n’eut pas de 6 cylindres comme sur toutes les autres, et encore plus compliqué à comprendre que ce soit celle qui marqua le début du « tuning »(dont elle en soufra comme bien de ses concurrentes). Chose d’ailleurs qui est, bien heureusement, passée de mode et qui à mon avis, est à ranger dans le tiroir où l’on retrouve la nuque longue et Larousso. Mais mon avis, on s’en fout, focus sur cette caisse qui vaut le détour et même le retour.

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Le type, emportant avec lui sa caisse à outils et sa paire de couilles, achète une épave de M3 e30 et commence alors son travail d’artiste. 5 ans plus tard, il achève ce projet d’un résultat qu’on saluerait tous avec un hochement de tête patriotique. Attaché profondément au modèle d’origine, les petites modifications visuelles se remarqueront qu’auprès des amoureux de ce modèle. Optiques avant fumées, jantes en 17 style DTM ressemblant aux modèles d’origine, extérieur légèrement lissé, rétroviseurs en carbone, rabaissée juste comme il se doit et sa teinte « Bleu LeMans » qui ferait passer le peintre Klein pour un amateur.

N’en déplaise à certains, le « coeur de la meule » est un S54, soit un 6 cylindres atmosphérique de M3 e46. Poubelle le 4 cylindres d’origine, place au « 6 pattes » le plus emblématique de la marque. On passe de 195 à 343 ch sous le capot sans compter la petite préparation « aux petits oignons » qui va avec, du collecteur inox à l’injection revue et améliorée.

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L’intérieur reste fidèle à l’extérieur mis à part la sellerie Recaro surpiquée, le volant sport en alcantara, les panneaux de portes en carbone, et le levier hydraulique. Ici, pas de radio, on a pour seul musique le « doux » ronron métallique du S54 qui s’envole et tape du rupteur jusqu’à plus de 8000 tr/min (on notera la petite touche de maître pour le compte tour inversé comme sur les Delta HF intégrale) et les grincements et claquements d’une caisse de 35ans qui travaille. Quoi de mieux pour se vider l’esprit ? Si un bon rush des familles dans une caisse qui part du cul et qui sens l’essence ne vous dit rien, vous foutez quoi ici ?

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Quoi qu’on en dise, si l’envie vous prend de le battre avec une taie d’oreiller remplie de piles usagées pour avoir foutu un s54 dans cette e30, ou que vous voulez le demander en mariage, le mec à mis tout le monde d’accord. Pour une fois, c’est un swap intelligent et raisonnable. De plus, c’est un autre moteur de M3 et ça, c’est beau. Cette fabuleuse E30 refaite avec goût s’est vendue pour le même prix qu’une 320i actuelle. Comme d’habitude, vous devinerez à l’aise sur laquelle je ferais mon choix.

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