Bon les gars, là va falloir prévoir les brancards et les ambulances. Ouais, en plus du Covid, de la grippe aviaire, et des barbus qui pètent des câbles, on va avoir droit à une extinction de puristes à cause de cette Jaguar XJC. Catastrophe dans 3… 2… 1…

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Qu’on se le dise, la Jaguar XJC est probablement l’une des plus belles créations de la marque de Coventry. Dans les 70’s, il y avait la XJ, la Type E, la XJS, et… Au milieu de tout ça, la XJC.  Alors la majorité d’entre vous n’ont sûrement jamais entendu parler de la XJC, a part peut-être ceux qui regardent Wheeler Dealers. Ouais, j’ai pas honte de le dire, c’est notre super Ed China accompagné de Mike qui m’ont permis, il y a quelques années, de connaître le modèle.

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Et si c’est peu connu, c’est qu’en général, ça s’est pas très bien vendu. Un chouill’ plus de 10 000 exemplaires en 4 ans de commercialisation, de 1974 à 1978. A ça, plein de raisons. Essentiellement développée comme une caisse d’avant la crise pétrolière de 73 – qui signera l’arrêt de mort des Muscle Cars – mais aussi parce que ce coupé peinera à trouver sa place au sein de la gamme.


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On comprend donc que la XJC n’arrive pas du tout au bon moment. Mais qui dit bide commercial dit véritable rareté 40 piges plus tard. Très populaire chez les Jaguaristes, la XJC conserve une super côte de sympathie. Et en plus de ça, elle n’est pas inabordable. Proposée en L6 XK 4.2L ou en V12 5.3L maison, on a là un réel engin de détente et de cruising… Tout en tenant compte bien sûr qu’elle rouille comme une italienne et que l’électronique embarquée est au moins aussi fiable que celle d’une Renault du début des années 2000. Acheter ce genre d’exemplaires aujourd’hui impose donc de gros frais de remise en état ou de longues heures sous la bagnole, voire les deux.

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Bref, maintenant que vous en savez un peu plus, on va pouvoir causer de la bestiole du jour. Une XJC de 76 dans laquelle se trouve un bon vieux V8 LS1 de 5.7L issu d’une Trans Am. Un small block qui trouve assez naturellement sa place sous le capot de la belle XJC, car elle pouvait accueillir des moteurs assez longs et larges (pour le V12) alors que le V8 US est connu pour son poids contenu, son faible encombrement, et sa nervosité sans pareille. Avec 365 ch aux pattes arrières, la vieille mamie anglaise troque la gaine et la jupe longue contre le string et le short, faut qu’on la voie tortiller du cul !

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M’enfin, on vous raconte ça comme si ça se faisait de manière évidente, mais la caisse à nécessité plus de 1000 heures de boulot ! Passer de la gentille XJC 4.2L blanche à sa version pompelup “Bleue Lapis” en V8 n’est pas un boulot d’amateur… Quoique ! Marc le proprio, en a fait la majeure partie ! Quand on est passionné et qu’on a un projet, c’est surtout le temps et la place qui comptent, et l’envie d’apprendre ! Et a mon avis, il a fallu des 3 pour monter cette caisse.

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Le bloc LS1 reçoit une admission de LS3 et des collecteurs custom afin de lui permettre de s’exprimer. Alors oui, 365 ch c’est “que” 80 de plus que le V12 d’origine, pourquoi ne pas se simplifier la vie avec du plug and play ? Parce que le V8 alu pèse moins lourd, et que injection et technologie aidant, il est beaucoup, beaucoup plus nerveux. D’ailleurs, pour encaisser, c’est tous les trains et la transmission qui sont modifiés.

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Devant, la caisse est rabaissée de 10 cm et derrière, de 5 cm grâce à des ressorts King et 6 amortos de chez Bilstein. 6 ?! Ouais, deux devant, et 4 derrière. Malgré le swap, la volonté reste de coller le plus possible au comportement d’une Jag’, donc il faut que ce soit souple ! La direction d’ailleurs est directe et va de pair avec la suspension.

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Le train arrière provient d’une XJS de 1995 avec un pont autobloquant en 3.55. Une partie des bras de l’avant vient d’une XJ Série III, ce qui ajoute au confort de roulage. Mais bon, avec une bonne pression sur le champi, mamie XJC n’hésite pas à dandiner du cul comme le font les copines Camaro et Corvette !

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Dedans, parler seulement de bon goût c’est pas encore suffisant. C’est juste parfait. Ni trop, ni pas assez. Un intérieur complet en cuir Connolly prend place, réhaussé par les touches de bois et le superbe volant trois branches Nardi. Le toit et les montants sont tapissés en alcantara. Vraiment si on devait imaginer une config’ pour ce swap, c’est exactement à ça qu’on aurait pensé !

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Bilan ? ‘Tendez je change de caleçon… C’est assez équivoque comme image non ? Cette XJC est juste magnifique, y’a pas a chier. Tout est propre, parfait, dehors, dedans, sous le capot, bref, c’est un caisse que j’ai envie d’avoir dans mon garage. Et au diable les puristes, avant de l’ouvrir allez y poser le cul, roulez avec, puis on en reparle !

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