Après la deuxième guerre mondiale, les italiens vont se déplacer en Fiat 500 Topolino, les français en Renault 4CV, les allemands en Cox et les anglais, en Morris Minor. Une caisse populaire, classique et aussi banale qu’un slip kangourou ! Enfin, ça c’était avant que je croise celle dont je vais vous parler, passée à la sauce hot rod !

'58 Morris Minor Supercharged... Mon hot rod s'appelle Maurice ! 1

La Morris Minor, c’est le déplaçoir lambda par excellence pour aller du point A à ce satané point B. Attention, ne cherchez aucun plaisir de conduite… A la sortie de la guerre, on cherchait à motoriser le peuple. Alors on a développé des caisses banales mais pratiques, simples et fiables, capables de transporter une famille de 5 personnes, pas rapidement, mais surement. Les gens avaient besoin d’évasion, de changement d’air, de se retrouver… la voiture était donc remise dans son rôle littéraire, celui du moyen de transport.

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Il n’empêche qu’aujourd’hui, presque tout le monde à un souvenir avec un de ces déplaçoirs… la route des vacances, un oncle, un parent se baladant au volant d’une de ces voitures devenues tellement populaires qu’elles en ont hérité du surnom. Pour les anglais, la Morris Minor, de la Traveller (break) au Woodie, en passant par le cabriolet ou les berlines 3 et 5 portes, c’est devenu une institution qui s’est écoulée à plus d’1,3 millions d’exemplaires, le genre d’engin qui ne fait pas rêver mais dont on se rappelle affectueusement…


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Pourtant, la Minor se traine la tôle, tient aussi bien la route qu’un breton après 4 l de chouchen (j’voulais mettre 2 l, mais j’ai eu peur que ça n’fasse pas assez !), freine comme une patate et niveau sex appeal, c’est la soeur jumelle de Susan Boyle ! Mais bon, elle faisait le taff… sauf que d’origine, elle aurait quand même eu du mal à poser ses roues sur DLEDMV. Car si elle peut encore exciter la fibre nostalgique d’un anglais, de notre côté de la Manche, elle a tout juste de quoi attirer l’attention d’un fan de Benny Hill ! Et encore…


Par contre, en mode hot rod, c’est une autre histoire. La voiture a été réalisée alors qu’elle appartenait à Derek Hood, le créateur de JD Classics, un garage anglais spécialisé dans la restauration d’anciennes voitures de course, une référence mondiale en la matière, qu’il a revendu en 2018. Ce petrolhead a fait de cette Morris Minor son daily et indirectement, une star pour les amateurs anglais. A chacune de ses sorties, que ce soit à Goodwood ou à Silverstone, elle provoque des attroupements de fans ne cherchant qu’à réaliser un selfie en compagnie de la bête battleship grey.

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Le châssis a été renforcé équipé maintenant de combinés et d’un freinage réalisés sur mesure par l’équipe de JD Classics avant d’être posé sur des jantes Wolfrace en 14″ chaussées de Yokohama A509 en 185/60. Le renfort se poursuit dans l’habitacle avec un arceau complet. Et tant qu’à y être, on y retrouve deux baquets Cobra avec harnais Luke, un volant Moto Lita, un combiné avec trois compteurs réalisé sur mesure et dans l’esprit de la voiture, un coupe circuit et la commande de l’extincteur automatique. Vous remarquerez le pommeau bois qui commande une boite 5 manuelle…

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D’origine Toyota, elle envoie les watts aux roues arrière. Car si en 58 son 4 cylindres Serie-A – un 948 cm3 – développait 30 ch aujourd’hui, c’est autre chose. Passé en 1293 cm3, il est dopé par un compresseur Shorrock pour aller lui chercher quelques 130 ch, suffisants pour trainer les 780 kg de la bestiole et en faire un engin démoniaque et surement effrayant… une machine à sensations (la peur ça marche bien aussi !).

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La spécificité de cette Minor vient du fait que Derek Hood l’a fait en lui donnant et respectant l’esprit de son époque. Elle garde ce côté vintage, sorte de mélange entre du hot rod, du restomod et une prépa racing. On reconnait le feeling qui a fait le succès des voitures qui sortaient des ateliers de JD Classics.

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