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Avec Laurent Quembre, notre #Petrolhead quotidien, on va redécouvrir les saveurs d’avant, le plaisir en toute simplicité. Celui de conduire une voiture pour ce qu’elle est. De la populaire à la youngtimer, en passant par quelques modernes (à dose homéopathique !). Un piqûre de rappel bien agréable par les temps qui courent, où tout tourne autour de l’image et du concours de celui qui va avoir la plus grosse. Heureusement qu’il en reste, de ceux qui savent juste profiter… et qu’est ce que ça fait du bien !

Une voiture, ce n’est pas qu’une fiche technique sur laquelle s’alignent une ribambelle de chiffres tous plus impressionnants les uns que les autres. Non ! Une voiture c’est d’abord une question de feeling, de sensations et de plaisir. Et pour cela, chacun trouve son compte en fonction de ses recherches et de ses affinités. En gros, pas besoin de rouler en Veyron pour se faire plaisir au volant d’une voiture. Voilà la philosophie de Laurent… philosophie qu’il va partager à partir du 22 janvier avec les téléspectateurs de VROUM, et qu’il nous raconte avec passion. Un vrai #Petrolhead qui voit la bagnole avec plaisir et simplicité.

Présente-toi en quelques lignes

Laurent Quembre, 52 ans, journaliste à France 3. Je suis actuellement rédacteur-en-chef et animateur de VROUM, une nouvelle émission consacrée aux voitures anciennes (et aussi motos, cyclos, objets vintage). A France 3, j’ai été reporteur, présentateur de JT, présentateur et responsable d’émissions, responsable du web… dans différentes régions. Je suis Ch’ti (né à Lille) et Normand d’adoption depuis 20 ans.

Pourquoi et comment en être arrivé à l’auto ?

J’aime et j’ai toujours aimé les voitures. Je suis de la génération qui était pressée de décrocher son permis à 18 ans ! Et de s’acheter une voiture… La voiture, en plus d’être un fabuleux objet, c’était pour moi la liberté, l’autonomie, les
voyages… J’ai toujours adoré retrouver les voitures de mon enfance et de ma jeunesse. J’ai donc proposé de faire une émission sur ces anciennes, persuadé que beaucoup de gens s’y retrouveraient. Je ne suis, en revanche, pas familier du monde de la compétition automobile. Ni du tuning. Et je n’ai pas de bolide. Pas non plus de compétences en mécanique. Du coup, je ne suis pas sûr de mériter le titre de “Petrolhead” ! Mais j’aime les voitures qui roulent à l’essence, et je donne de la visibilité aux passionnés… (ndlr : alors tu mérites le titre de « Petrolhead ! »)

Présente-nous ton émission.

Pour France 3, je vais à la rencontre des collectionneurs et des professionnels dans le domaine de la voiture ancienne. Nous réalisons une émission de 26 minutes que nous avons baptisée “VROUM”. Avec une ligne éditoriale qui est de présenter surtout des modèles populaires et accessibles. Ne pas être une émission réservée aux spécialistes et aux initiés, mais s’adresser au grand public, en faisant remonter les souvenirs. La diffusion démarre samedi 22 janvier à 15h15 sur France 3 Normandie (et l’émission sera visible depuis n’importe où en France grâce aux box et aux bouquets satellites).

Parle-nous de tes partenaires et de ceux qui t’accompagnent

Le lancement de cette émission a été fortement encouragé par la Direction de France 3 Normandie, dans un contexte qui n’est pas spécialement favorable à la promotion de l’automobile. Donc merci à eux d’avoir tenu cette ligne. Sur le plan pratique, je tourne les émissions avec les équipes techniques (cadreurs, réalisateurs, monteurs, post-production) d’une société caennaise : Image In France. Nous avons un animateur de France Bleu Normandie, Michel Jérôme, qui a une rubrique dans l’émission, ainsi que Luc Le Gleuher, le patron du Musée Station 70 d’Osmanville dans le Calvados.

Tes projets pour l’avenir ?

Que VROUM soit un succès d’audience, pour que l’émission se poursuive, et soit diffusée au-delà de la Normandie, pourquoi pas au national sur France 3. C’est la seule émission automobile du service public. Et c’est une émission 100% dédiée aux anciennes. Elle est complémentaire de toutes les émissions d’automobile qui existent déjà sur d’autres chaînes (et dont je suis téléspectateur).

Au niveau passion, quel est ton premier souvenir avec une voiture ?

Quand j’étais enfant, dans les années 70, mon père avait une Citroën GS. J’étais fasciné par le compteur de vitesse qui ressemblait à une petite télé. Plus tard, à 17 ans, avant d’avoir le permis, premier contact au volant : je faisais des tours en Citroën Visa dans une cour d’école (mes parents étaient enseignants, nous avions un logement de fonction et habitions dans l’école). Un freinage aléatoire a d’ailleurs fait quelques dégâts dans une porte de garage (heureusement en bois et peu résistante).

Qu’est ce qui te passionne le plus dans l’automobile ?

Je ne sais pas trop comment définir cette sensation mais j’adore être à l’intérieur d’une voiture, dans une sorte d’intimité avec le véhicule. Pour moi c’est un espace de détente, presque un refuge. Mon plaisir, c’est d’avoir sous les yeux un beau tableau de bord éclairé (du coup j’adore rouler quand il fait nuit). J’aime aussi le design des voitures. Je suis très sensible aux lignes. Quoi de plus beau qu’une voiture ? J’aime aussi, bien sûr, le plaisir de conduire, de faire défiler du paysage, mais je ne recherche pas spécialement la vitesse. J’aime les départementales, je m’ennuie sur les autoroutes.

Permis du premier coup ?

Oui ! Code et conduite du premier coup. A 18 ans. Le jour de l’examen pour la conduite, j’ai évité une collision avec une voiture qui ne m’avait carrément pas vu… Et sans caler… du coup l’inspecteur m’a fait rouler 10 minutes et le m’a donné.

Sur la route, tu es plutôt zen ou speed ?

Zen ! Je respecte les limitations (aujourd’hui c’est compliqué de faire autrement). Au début des radars, je perdais régulièrement des points. Pour les conserver, j’ai fini par découvrir une méthode infaillible, ne pas dépasser les limites. Je fais souvent de longs trajets, et c’est quand même beaucoup plus reposant et agréable de ne pas conduire “en tension”, à scruter ses écrans et à inspecter des yeux chaque bosquet. Je ne suis pas non plus un enragé du dépassement. Et je n’aboie pas sur les autres automobilistes. Bref, je profite de mes trajets et de ma voiture. Du plaisir et pas de stress.

Et justement qu’est ce qui t’énerve le plus sur la route ?

– Les textoteurs ou pianoteurs (sur le téléphone ou sur l’écran du véhicule)
– Les oublieurs de clignotants
– Les “colle-au-cul” (qui ne comprennent pas la notion de “distance de sécurité”)
– Les doubleurs compulsifs
– Les forceurs
– Les accros de la file du milieu (coucou les 75 sur l’A 13)
– Les sans-gêne du stationnement (non, un trottoir ou une piste cyclable n’est pas une
place de parking)

Si on devait résumer ta passion, et ta vision de l’auto en 1 mot.

Liberté

Malgré cela, qu’est ce qui pourrait te faire détester les voitures ?

Quand la voiture n’est pas rationnelle dans un schéma de mobilité, qu’elle n’est pas à sa place. Je pense aux cœurs de villes. A-t-on besoin de sa voiture pour faire 300 mètres jusqu’à la boulangerie ? Ne peut-on pas éviter toutes ces camionnettes blanches de livraisons garées n’importe où ? Pourquoi ne pas livrer à vélo ? Autre chose : le prix des réparations automobiles, qui devient stratosphérique.

Quel est pour toi le meilleur pays pour vivre sa passion auto ?

Difficile de répondre à cette question. La France c’est pas si mal… Il y a toutes sortes de routes, de paysages, et je pense qu’au niveau des contraintes on est dans la moyenne (en tout cas des autres pays d’Europe).

Les petrolheads en France tu les vois comment ?

Je rencontre des passionnés et des professionnels très compétents. Et surtout, à chaque rencontre, c’est toujours une ambiance sympa et chaleureuse. Et directe, sans chichis… Ça me plaît !

Comment imagines-tu l’avenir de l’automobile ?

Je suis sceptique. Avec toutes les contraintes, les prix qui flambent, et la marche forcée vers l’électrique, je pense que nous allons tout droit vers une fracture sociale entre les automobilistes. Ceux qui peuvent suivre financièrement auront encore le droit d’utiliser un véhicule… et les autres… et bien ils n’accèderont plus à la voiture. Si l’automobile devient un mode de transport pour les élites, ce sera une terrible régression, et il y aura beaucoup de ressentiment chez ceux qui se retrouveront “déclassés”. Pas optimiste non plus pour l’avenir de la collection. Quel modèle produit en 2021 va devenir un véhicule de collection dans 30 ou 40 ans ? Une 308 électrique ? Une Zoé ? Une e-tron ?

Du coup, si tu pouvais changer ou modifier quelque chose.

J’espère que les politiques vont s’apercevoir que le “tout électrique” est une impasse et que la recherche ira aussi vers de nouveaux carburants. Et donc que le moteur thermique aura encore sa chance. Qu’on maintienne aussi une production de voitures de conception simple, et pas chères. Sans entretien dispendieux. Qu’on renonce aux ZFE. Et qu’on réfléchisse aussi à la mobilité de façon globale. L’automobile est un mode de transport mais qui peut-être complémentaire. On peut renoncer à sa voiture pour certains déplacements, et la conserver pour d’autres. Le discours qui consiste à dire aux gens que la “Transition”, c’est remplacer son diesel par une hybride, sans modifier ses habitudes de mobilité, est une escroquerie.

Tu as un budget « no limit », quelles sont tes 3 premières caisses ?

La liste de mes envies ne me porte pas spécialement vers des voitures très chères. Et il y a beaucoup de modèles qui me tentent. Dans les modernes, une sportive : Alpine ou Mustang Bullit. Pour les longs trajets, un SUV bien équipé d’une bonne marque. Dans les Youngtimers, j’aimerais bien une Golf 4, noire et en 3 portes. Mais ça peut être aussi une Renault 5 Alpine, une 306 XS, une 205, une BM série 3 coupé… Et pour le souvenir, une 4 L !

Et justement en parlant voiture, en quoi tu roules ?

Un VW Tiguan de 2012 essence, version de base Et pour aller au boulot, un vélo (pas électrique).

Laquelle a été ta 1ère ?

Après avoir roulé dans la R5 Lauréate de ma mère, ma première voiture a été une Renault 4 L, bleu télécom à l’intérieur, blanche à l’extérieur !

Et ensuite ?

Une Renault 11 GTL essence.
La première neuve : une Clio 1 essence (3 portes, série Be Bop achetée en Belgique)
Deux Ford Escort, une essence 16 V et une diesel
Un Renault Scénic essence (premier modèle, phase 2)
Une Golf 5 diesel
Une Skoda Octavia diesel
Une Mini Cooper de 1991 (ma seule ancienne)
Une C6 Citroën (V6 diesel)
Une C4 essence (la deuxième)

De toutes celles que tu as eu, laquelle t’as le plus marqué ?

Je les ai toutes aimées. Difficile d’en détacher une. Le Scénic : hyper innovant en son temps : pratique, spacieux, modulable, agréable avec trois jeunes enfants. Très beau en bleu nuit. Jamais de grosses pannes. Une machine à voyager. J’ai même songé récemment à retrouver un modèle 1 (après ils sont devenus moches). La Golf : les bonnes sensations de conduite. La C6 : une voiture à part. Confortable, statutaire. Je regrette de ne pas l’avoir gardée.

Le plus déçu ?

Je n’ai jamais été déçu par mes voitures.

Tu es plutôt moderne ou ancienne ?

Les deux !

Pourquoi ?

J’apprécie le confort et la finition des modernes, et leur facilité de conduite. Et les équipements. J’aime moins le look de certaines. Les anciennes ont plus de gueule et de caractère. Et les sensations de conduite sont là. Avec une préférence pour les youngtimers.

Quel petrolhead t’inspire le plus (Pilote, artiste…)

David Hasselhoff dans K2000 (le côté solitaire, la communion avec sa machine)… Et j’adore les voitures noires… (Je ne sais pas si on a le droit de répondre ça !)

Ton anecdote la plus dingue au volant d’une caisse

On ne va pas raconter les parcours où, jeunesse oblige, je n’ai pas toujours été très prudent, mais qui, heureusement, se sont bien terminés… Quelques routes pleines de poudreuses en montagne… Et de longues routes de vacances de nuit, vite avalées. Dans la série “le pire endroit pour tomber en rade”, je pourrais évoquer ma 4L qui est tombée en panne à Lyon, au bord du Rhône, à l’heure de pointe. Quatre files de circulation à traverser en poussant à la portière, c’était chaud, très chaud !

Quelle musique écouter en roulant ?

Je n’ai pas de playlist. J’écoute la radio, pour le côté aléatoire, et le plaisir de retomber par hasard sur de vieilles musiques ou de découvrir de nouveaux morceaux. Selon l’humeur, RTL2, Nostalgie et même Radio Classique.

A tes yeux, la meilleure route ?

La route des grandes Alpes.

Atmo ou Turbo ?

Pas facile. Les deux ont leur charme.

Drift ou grip ?

Grip

Bière ou whisky ?

Bière ! Je suis ch’ti …

Boite manu ou séquentielle ?

Manuelle.

Propulsion, Traction ou 4RM ?

Traction

Full power ou light is right ?

Light is right

Static ou airride ?

Static

Circuit ou rallye ?

A regarder, rallye.

Bullit ou Fast and Furious ?

Bullit !

Télé, internet ou papier ?

Les trois, mais la télé en premier, forcément !

Passé, présent ou futur ?

Présent, éclairé par le passé

Un message à passer ?

Continuez à aimer les voitures, la tête haute !

Ton avis sur De l’essence dans mes veines ?

Des passionnés, des vrais, des partageurs. Un îlot de résistance et d’anti-conformisme. Et un nom qui claque !

© France 3 Normandie