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On va y aller direct… Une Porsche 911 L de 67, en état concours, aujourd’hui, c’est 150.000 balles ! Et là on se dit que pour oser s’en prendre à une telle bestiole, il faut être soit chtarbé, soit blindé sans trop savoir quoi faire de sa thune, soit en avoir absolument rien à branler pour oser toucher l’intouchable. Oui, voyez, même sur DLEDMV, ce genre de bases pour en faire du outlaw, ça nous dérange un peu…

Bon j’vous rassure, ça ne nous perturbe pas plus que ça… Comme disait Tonton Jacquot : « Ca m’en touche une sans faire bouger l’autre » ! Donc même si la base peut filer la chtouille, finalement, le gars il fait c’qu’il veut sur sa bagnole et avec sa thune. Puis bon, quand on voit le résultat, il est loin de l’avoir gâchée… puis il avait pas trop le choix.

En effet, quand le gars a acheté sa Porsche 911 L en 2014, elle n’était dans un piteux état. Son ancien propriétaire avait commencé une pseudo prépa avant de s’arrêter en cours de route. Manque de pièces, manque de temps, manque d’argent, en attendant l’allemande était incapable de rouler et loin de ce qu’elle était lors de sa sortie d’usine en novembre 67.

Pour ne rien arranger, en 2014, la folie spéculative n’avait pas encore frappé le monde de Porsche 911. Eh oui, à cette époque, des 911 L, personne n’en voulait. Même si certains experts avaient annoncé l’explosion de la côte, elle ne va arriver qu’en 2016… sauf que notre 911 L, elle était déjà bien avancée et commençait à retrouver sa splendeur oubliée.

Ajoutez à cela un dernier point qui veut qu’aux USA, modifier n’est pas gâcher. Là bas, le outlaw ne vous condamne pas à être obligé de sortir en pleine nuit pour éviter de croiser un porschiste extremiste. Au contraire, même si le restomod, le outlaw ou le backdating n’étaient pas encore devenu tendance, et que seuls quelques médias précurseurs à l’esprit décalé et ouvert, osaient en parler…!

Donc cette Porsche 911 n’a plus grand chose d’une L. Sa robe Tangerine cache un look virilisé. Pare-chocs et feux arrière de 911 R, ailes et capot avant en fibre de verre avec le bouchon de remplissage qui apparait au milieu, rétro extérieur obus, vitrage en lexan avec aération dans les persiennes et essuie-glaces aux abonnés absents. Ajoutez y quatre Fuchs noir satiné en 16″ chaussées en Toyo Proxes R1R de 205/45 et 225/50, et vous obtiendrez un rendu esthétique qui a déjà de quoi vous ruiner les rétines !

Et ça continue dedans… cuir matelassé, volant Sparco, compteurs cerclés, reposes pieds alu percés et anodisés noir, baquets TRE de type 911 R avec oeillets de ventilation et tissu tartan. L’habituel et incontournable pommeau bois, hommage à la Porsche 917 et le demi arceau arrière qui reprend la couleur caisse, tout comme une partie du dashboard.

Un look racing assumé… et on en ferait de même une fois posé sur un châssis qui reprend des trains roulants avant à une 911 de 85, et maintenu par des combinés Koni. Pour les trop tard, on peut éventuellement compter sur upgradé avec des étriers 4 pistons à l’avant.

En tout cas, il faut bien ça pour contenir la charge du Flat 6 aircooled passé entre les mains de Bruckmann Racing. Strocké en 2,8 l, il reçoit un nouvel ensemble mobile forgé, des culasses JTG Daugherty Racing avec arbres à cames plus pointus, un allumage MSD, des carbus Weber 46 avec trompettes d’admissions polies et grillagées, un radiateur d’huile emprunté à une 911 SC et une ligne complète Dansk avec silencieux de type RSR. 250 ch filent aux roues arrière via une boite 5 manuelle 911/01 avec embrayage renforcé.

Avec moins d’une tonne sur la balance, l’allemande a perdu en authenticité, mais en échange elle a revu la route en gagnant un look démentiel, en perf, en efficacité, en caractère, en style… ouais bon, y’a pas à tortiller, elle est mieux comme ça. Tout le reste, ce n’est finalement qu’une histoire de pognon pour ceux qui ne gardent pas leurs caisses. Mais une Porsche 911 comme celle là, tu la gardes… l’important, c’est le pied qu’on prend derrière le volant non ? Alors la côte, on s’en branle.

© ricks234 via BaT