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S’il en est bien un qui carbure à l’essence, c’est Guillaume. Sa Mini 1100 Special, il l’a achetée quand il avait seulement 15 ans. Elle était ruinée, fracassée, on y voyait même la route à travers le plancher. Des coups de partout, à croire qu’elle avait servi de punching ball à Tyson ! Et pour ne rien arranger, elle n’avait pas tourné depuis 7 ans. Et puis…

Et puis Guillaume est venu la sauver. Enfin d’abord, il a fallu qu’elle passe par la case mise à nue afin que tout soit revu, refait et si besoin, modifié. D’origine, la Mini 1100 Special, c’est 42 ch pour 640 kg. Pas de quoi de resservir des frites diront certains. Mais pour ceux qui savent aller un peu plus loin que la fiche technique, la Mini 1100 Special c’est surtout un engin qui sait donner le sourire. Un sympathique karting qui n’ira pas chasser le chrono, mais qui saura mettre du fun dans la vie de celui en prendra le volant.

Comprenez par là que la base est bonne. Ne restait plus qu’à lui apporter un p’tite dose de piment supplémentaire. En tout cas, c’est avec cet état d’esprit que Guillaume a lancé les hostilités, partant du principe qu’à partir du moment où il reste dans de l’amélioration et pas dans un transformation qui risque de tomber dans l’excès, alors quoi qu’il fasse, il ne pourra pas gâcher.

Esthétiquement la caisse va être refaite avant de s’habiller en Old English White (une référence d’origine) avec deux bandes noires sur le capot pendant que le toit de parait de skaï. Il optait ensuite pour une calandre chromée, des feux de Mk2, d’extensions d’ailes GP2 avant de faire rechromer les rétros et les poignées puis de greffer deux longue-portées jaunes à l’avant.

Dedans, le traitement est du pareil au même. Propre et sobre, avec une touche racing. La tableau de bord est homemade et voit emménager une collection de compteurs avec au centre, celui d’une Mk1. Une paire de baquets vintage de type Cobra, tendus de vinyle noir, sont installés et le pilote mêne sa machine en prenant en main un volant et un pommeau Leyland, tous les deux en bois.

Dessous, le taff est copieux. Mais il en faut plus pour décourager Guillaume. La châssis est refait, équipé de trains avant de Cooper S avec freins à disques. L’arrière est maintenant réglable. Des amortos G Max, réglables eux aussi en dureté débarquent aux quatre coins, pendant qu’un kit Hi Lo se charge de la hauteur de caisse et qu’un kit carrossage permet de jouer avec les degrés. Tous les silent blocs sont passés en polyuréthane. Le tout est posé sur des roues Mamba en 5 et 6 x 10″.

Sous le capot, le petit 4 cylindres 8 soupapes de 1098 cm3 est passé en Stage 1. Il voit débarquer une admission alu avec cornets, une ligne complète centrale et un rapport de pont raccourci à 3,44 avec la boite 4 manu d’origine. Le gazier dépasse maintenant la barre des 50 ch.

Sur les petites routes provençale, on se rend compte que la cure de pompelup est largement au rendez-vous. Elle s’accroche à la corde, saute d’un virage à un autre en suçant le bitume, avec un grip aussi impressionnant que son agilité. Un vrai kart qui fuit les lignes droites pour se dévoiler dès que la route devient tortueuse. Et même avec 50 ch sous le capot, le rythme est rapide, voir même soutenu. De toute façon, sur ce genre de route, inutile d’en avoir trop.

D’autant plus que Guillaume ne souhaite pas s’arrêter là. Prochain objectif, alléger la puce pour la faire passer en dessous des 600 kg. Puis la passer en semi-slicks… mais avant ça faudra un peu renforcer le châssis car les contraintes flinguent déjà les roulements qui jouent aux fusibles. Bref, vous aurez compris que Guillaume est loin de s’arrêter. Sa Mini, il la kiffe… et on le comprend !

© DLEDMV via Titi