Yamaha tout le monde connait. Bien sûr pour ses 2 roues, dont je laisserai les aficionados seuls juges… Ses instruments de musique et le milieu de l’audio (m’enfin, ici on s’en tape un peu !)… La marque est un peu moins connue pour ses compétences d’ingénierie motoriste pour la bagnole, que ce soit en compétition ou sur la route. Enfin, Yamaha s’est aussi « amusé » à sortir une supercar dans les 90’s, la OX99-1… Sa vision de ce qu’aurait pu être une F1 de route !

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Ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est Yamaha et les 4 roues au travers de son bureau d’ingénierie (ouais, désolé pour les joueurs de flûte !). Ce dernier, dirigé de 1982 jusqu’en 1997 par un certain John Judd, proposait aux constructeurs son savoir faire en terme d’étude et de développement moteur. Certains y ont fait appel, Volvo, Ford, Noble ou même récemment Lexus pour le V10 de sa LFA


À la fin des années 80, Yamaha s’est même orienté vers la F1. L’aventure commence en 89 avec Zakspeed. Puis les écuries se sont succédées, Brabham en 91 et 92. Cette même année, Yamaha fournit également Jordan. En 96, c’est au tour de Tyrell avant de passer en 97 chez Arrow. 

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Justement, le début des 90’s voit débarquer une nouvelle race de sportives routières, les supercars. Une déclaration de guerre de la part des spécialistes de la catégorie, où tout bon constructeur de sportives se doit d’avoir sa supercar au catalogue. Et pas besoin d’être une multinationale cotée en bourse pour y avoir droit… À côté de Ferrari, Porsche, Jaguar ou Lamborghini, on retrouve Dauer, Bugatti, Vector, Isdera, Cizeta-Moroder, de petites officines qui s’appuient sur des moyens conséquents (ou pas…) pour nous pondre des engins démoniaques. 

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Yamaha ne construit pas de bagnoles, cela ne va pas l’empêcher de faire le buzz. L’occasion est trop belle pour ne pas proposer une supercar mettant en avant le savoir faire du constructeur japonais. Takuya Yura se charge du dessin, Brabham donne un coup de main pour le châssis. Le tout est un engin qui reprend les codes de la monoplace mais pour la route. 

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Une cellule centrale reçoit le pilote le cul posé au centre de la caisse (qui a inspiré Gordon Murray pour la McLaren F1 ?) et son unique passager assis derrière lui, à l’image de ces F1 biplaces. Derrière eux, le V12 Yamaha OX99-11 (oui, ils se sont pas creusé le crâne pour aller chercher le nom du concept !), le même que dans la Jordan. Enfin presque… Le 3,5 l conserve son bloc, sa culasse, son carter, ses bielles, son vilebrequin et ses 60 soupapes. Mais dans le but de rendre la pompe à feu plus civilisée et fiable, le reste est revu. Pistons, arbres à cames, collecteur d’admission et ses papillons, échappement, gestion… le bloc est annoncé pour plus de 400 ch à 10.000 trs. Un rendement sympa pour un atmo, mais une puissance qui laisserait un adepte actuel sur sa faim ! 

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Le V12 est porteur (les suspensions arrières sont fixées dessus) et directement boulonné sur le châssis en carbone, comme en F1… Les liaisons passent par des triangles superposés à l’avant et des trapèzes à l’arrière. Les amortos sont réglables, tout comme la garde au sol. La direction n’offre aucune assistance, on appelait ça une direction « insistée »… Par contre, avec un tour de butée à butée, inutile de dire que c’est du direct ! La boite compte 6 rapports, avec levier et commande par câbles. Aux 4 coins, les roues en 17′ se chaussent en GoodYear qui ne sont autre que des gommes « pluie F1 » asymétriques et unidirectionnelles. 

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Avec 1100 kg sur la balance et le pétard de 400 bourrins hors taxes dans le derrière, on ne saura jamais le potentiel de la bête, même si on aurait estimé un 0 à 100 proche des 3 secondes et une V-max aux alentours des 350 ! Pourtant, sa gueule, avec son originale lame avant digne d’un hybride entre monoplace et prototype, sa prise d’air et ses pontons qui bordent sa cellule centrale auraient mérité leur place au sein de la famille supercar. Le soucis reste surtout qu’une telle conception aurait engendré un prix de vente qui aurait dépassé le million de dollars. Aujourd’hui, ça ne choquerait personne, mais en 92, c’était tout bonnement impensable surtout avec seulement 400 ch sous le capot… quand on se rappelle le scandale de la XJ220 ! Pour rappel, une EB110 se vendait 450000 $, une F40 400000, une Cizeta 650000 $ et la scandaleuse Jaguar XJ220 500000 $ ! Il faudra attendre la McLaren F1 LM stradale pour voir débarquer des prix à 7 chiffres.

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Yamaha en a sorti 3 de son chapeau, pas une de plus. Une rouge, le prototype initial. Une verte, qui a servi de mulet de rodage pour valider les diverses évolutions. Une noire, à la finition soignée, le modèle de présentation. Ne cherchez pas, aucune n’est et ne sera à vendre, malheureusement strictement destinée aux moquettes de musée ou hangar secret… hormis quelques trop rares manifestations motorisées.

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