Habituellement, le Kangoo c’est le déplaçoir favori des artisans, des chasseurs ou des familles nombreuses qui ne voient dans l’automobile qu’une simple manière d’aller d’un point A à un point B. De la place, un coffre, une radio pour se caler sur RFM et ça roule. Oubliez toute notion de plaisir, performance, statut social ou quoi que ce soit qui vous permettrait de faire des entrées fracassantes. A moins que la vérité soit ailleurs… mais je ne vous cache pas que dans ce cas là, elle doit être plutôt bien cachée car j’ai cherché pendant un long moment et je n’ai rien trouvé. Enfin presque…

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Enfin, ça c’était avant. Avant que je ne croise celui de Loris puis les photos de mon Pioupiou (Jonathan Pires) qui allaient me permettre de découvrir le Kangoo d’Anthony. Et là je reconnais que les choses ont changé. Si vous êtes un habitué de De l’essence dans mes veines, vous avez déjà l’habitude de ces engins totalement décalés, souvent fruit de l’imagination d’un petrolhead qui l’est tout autant (si ce n’est plus !). Anthony, avant de brouiller les pistes avec un utilitaire sous testo, il s’était déjà « amusé » à shooter une Super 5 GT Turbo pour la faire passer à 330 ch ! Mais pour promouvoir son activité, il lui fallait un engin qui percutait plus, capable de joindre l’utile à l’agréable tout en servant de carte de visite, de celle qu’on n’oublie jamais.

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Après, il faut quand même être un peu frappé, mais surtout très talentueux pour se lancer à partir d’un Kangoo. Faut aimer les challenges ! Même si chez De l’essence dans mes veines, on est persuadés qu’absolument toutes les voitures ont leur potentiel à partir du moment où le traitement est fait avec goût et parcimonie. D’autant plus que lorsqu’on part d’une base totalement improbable, et que le résultat est au niveau des attentes, la satisfaction est sans commune mesure, mais aussi surprenant que cela puisse paraître, les réactions sont la plupart du temps hyper positives. Le célèbre : « Ah ouais, finalement ! ». Halala, les clichés et les préjugés sont les pires ennemis de l’homme motorisé !

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Dans tous les cas, sachez que la bestiole dopée aux hormones est du 100 % « Anthomade ». Oui, sortie de son cerveau, il lui a donné vie, que ce soit au niveau mécanique, technique ou physique, c’est Anthony qui s’est chargé de la transformation. L’idée de base était de greffer à son Kangoo professionnel l’ensemble moteur / boite de la Clio RS Phase 2, le 4 cylindres 2.0 16s F4R, fort de 172 ch à 6250 trs avec un couple de 200 Nm perché à 5000 trs. Pas forcément souple… mais diaboliquement caractériel et adepte du tutoiement de zone rouge !

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Le gazier avait déjà fait de la Clio RS l’une des références de sa catégorie en 2000, et ce, grâce à son châssis aux petits oignons et son poids encore contenu autour des 1100 kg. Une véritable descendante des GTi d’antan, digne héritière de feu la Clio Williams. Quoiqu’il en soit, la greffe a été effectuée sans faille et une fois en place, le gazier s’est retrouvé légèrement retouché, juste de quoi le laisser mieux respirer. Collecteur d’admission et d’échappement viennent d’une RS 182. Il expire désormais via un catalyseur sport 200 CPSI qui débouche sur une ligne sur mesure en 55mm qui se termine sur un silencieux de type RS 182 lui aussi. La gestion a été revue pour pouvoir tourner à l’E85. Le gain doit être minime, mais malgré tout, ça doit respirer la santé. D’autant plus que la Kangoo affiche lui aussi 1100 kg sur la balance.

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Avec un tel ramage, il fallait un plumage en adéquation. La encore, Anthony a visé dans le mille, sans tomber dans l’excès. Pare choc de Clio RS à l’avant, feux arrière teintés en noir le tout recouvert d’une magnifique robe gris Nardo. Les ailes ont été tirées afin de laisser passer les jantes Prima Racing Gr.A en 16’ blanches, chaussées en Toyo de 195/45. Le train avant vient d’une Clio RS 172 alors que celui de l’arrière, d’origine, a été refait à neuf. Le centre de gravité a été rabaissé de 30mm grâce à des ressorts courts à l’avant et un décrantage à l’arrière. Pour élargir les voies, les jantes arrière ont été posées sur des cales de 20mm. Enfin, en cas d’optimisme, les freins sont eux aussi issus d’une Clio RS.

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On vous arrête de suite… L’objectif n’est ni de s’aligner dans une spéciale, ni d’aller chasser le chrono dans le premier time attack venu. Non, le truc, c’est de rouler différent tout en assurant un bon coup de pub à son garage et son savoir faire… Manifestement, ça marche !

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Afin de compléter le tableau, Anthony s’est occupé de l’habitacle en y collant les sièges avant alliant cuir et Alcantara, le pommeau et les compteur de la Clio RS. Logique, propre et simple. Ne lui reste plus qu’à aller voir ses clients, sûrement rassurés en admirant la qualité du boulot mais aussi la finition de ce Kangoo qui n’a plus rien à voir avec ceux défoncés qu’on a l’habitude de croiser quasiment tous les jours.

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Alors oui, un Kangoo… RS. Vous qui étiez prêts à nous envoyer un marabout afin de nous lancer un sort pour que l’essence qui coule dans nos veines se transforme en méchant mazout, je vous surprends à lorgner les petites annonces en vous disant que finalement. En tout cas, si tous les Kangoo étaient comme celui là, je connais des plombiers qui n’auraient pas 2 jours de retard à leurs rendez-vous, des facteurs qui auraient fini leur tournée à 10h du matin et des gamins qui auraient moins honte en arrivant à l’école ! Puis entre nous, mettre une fessée à votre voisin, au volant de votre Kangoo, alors qu’il vous certifie depuis des années que sa 320d, c’est une sportive, ça doit quand même être quelque chose non ?

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© Pires.J.Photographie