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La Jaguar XJR15, sous ses airs de supercars un peu propre sur elle, cache des entrailles de proto victorieux des 24h du Mans. Quand la marque au félin s’est imposée dans la Sarthe en 88 avec sa XJR9, chez TWR on s’est dit que ce serait « marrant » d’en faire une version route… Ouais ça part souvent comme ça, une idée un peu débile et puis…

Et puis ça se termine avec un monstre lâché sur la route. Nous sommes à la fin des 80’s et c’est la mode des supercars. Les Ferrari 288 GTO et Porsche 959 ont ouvert les hostilités, et ça va vite devenir la fête du slip ! Ferrari F40, Lamborghini Diablo… quasiment chaque constructeur spécialisé dans la sportive va y aller de son missile sol – sol, et même certains généralistes qui vont prendre pour prétexte une homologation en sport auto

A l’époque, le sport auto c’est la valeur étalon. Que ce soit en Touring Car, en rallye, en F1 ou en endurance, on n’hésite pas à casser la tirelire pour tenter d’aller rafler les victoires. Quasiment chaque constructeur aligne une voiture dans une discipline, voire même plusieurs.

En endurance et dans le championnat du monde des sport protos, c’est Jaguar qui domine le game, grâce à la structure de Tom Walkinshaw, le TWR, avec qui le félin collabore depuis le début des 80’s. L’apothéose viendra en 88 avec la victoire aux 24h du Mans qui, en terme de comm’, vaut largement plus que les titres mondiaux en Gr.C.

Bref ! J’vous fais pas un dessin… supercars, protos, titres et victoire au Mans, ça chatouille méchamment l’équipe de TWR de balancer un engin bien débile sur la route. Le préparateur le faisait déjà en shootant esthétiquement et mécaniquement les voitures de la marque. Sauf que là, on veut quelque chose de spécial, un truc qui envoie, d’autant plus que juste avant la victoire dans la Sarthe, Jaguar et TWR avaient poussés le vice jusqu’à s’associer pour créer la structure JaguarSport. De cette union, il fallait forcément que naisse un engin, que TWR va imaginer à partir de XJR9 LM, celle qui montera sur la plus haute marche du podium au Mans.

De là va naitre la XJR15… et afin d’obtenir le feu vert et les financements de Ford (qui a racheté jaguar en 89), JaguarSport va mettre en place une formule monotype, l’Intercontinental Challenge qui se courra en 91, sur seulement trois courses, en ouverture des GP de F1 sur les circuits de Monaco, Silverstone et Spa Francorchamps.

Richement doté le championnat va attirer des pilotes de renom… et en parallèle aux 23 voitures engagées dans ce championnat (qui ne verra qu’une seule saison), JaguarSport va vendre 30 stradale homologuées spécifiquement que sur certains marchés (Japon, Angleterre ou encore USA).

Il n’empêche que la XJR15 est étroitement dérivée du proto XJR9. Elle en reprend le V12 de 6.0 l bridé à 450 ch ainsi que la structure en carbone kevlar qui affiche au final un poids qui se limite à 1050 kg. Seule la robe a été civilisée, tracée par Peter Stevens… qui signera plus tard la McLaren F1, aux côtés de Gordon Murray. Mais je vous ai déjà raconté sa conception

Une fois la saison 91 de l’Intercontinental Challenge terminée, TWR va développer un version LM de la XJR15, bien énervée avec 710 ch sous le capot. Mais le projet n’aboutira pas. En effet, chez Jaguar, on est déjà en train de finaliser sur la XJ220, une supercar réalisée à 100% en interne et qui débarquera en 92. Chez TWR, on se tourne alors vers Nissan et Nismo pour les aider à concevoir la R390 (qui cachera des entrailles de XJR15)… mais ceci est une autre histoire. Que vous trouverez ici !

© SteveO 220 & Classic Driver via GF Williams