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Ok, je le reconnais… d’origine, la Saab 95 a un peu une gueule de canard ! A l’époque, les suédois étaient bien plus obsédés par la sécurité de leurs bagnoles que par leur sex appeal… et les perfs. En tout cas, pour la Saab 95 qui s’apprête à poser ses roues sur DLEDMV elle a attendu pas mal d’années pour changer thème. Et quand elle a fini par se lâcher, elle n’a pas fait semblant !

A la fin des 50’s chez Saab, il y a eu la lignée des 93, 95 et 96. En gros, derrière des sortes de noms de code, on retrouvait la berline, le break et le coupé. Esthétiquement, on l’a vu dans l’intro, y’avait pas de quoi se fracasser la rétine. Au niveau des perfs c’était un peu la même chose… pas besoin de prendre un abonnement chez son osthéo.

Sous le capot, un trois cylindres deux temps de 841 cm3 ou une V4 Ford d’1,5 l avec, en guise de version la plus pêchue, 65 ch sur les roues avant. Alors même si la suédoise revendiquait moins d’une tonne, ça n’en faisait pas pour autant une sportive… même si certains n’ont pas hésité à en faire une base pour le rallye. Mais nous ne sommes par là pour parler du ça…

Pendant ses presque 20 ans de carrière, la Saab 95 a séduit un peu plus de 110.500 clients… aussi bien en Europe que de l’autre côté de l’Atlantique. Comme ce modèle qui a fini par se retrouver en Arizona pour vivre une vie banale… jusqu’à ce qu’il se retrouve muté en engin bien débile. Et quand je dis débile, je suis un peu loin du compte.

Aux States, quand on veut se taper un missile pour aller shooter du 400 m, on part d’un Muscle, d’un gros V8 et on passe en mode full. A la rigueur une jap, dopée à coups de turbos et de lignes qui font brawp brawp. Mais là non. Le gars il a préféré jeter son dévolu sur une Saab 95… ouais voilà, un break suédois que quasiment personne ne connait. On pourrait presque imaginer qu’il a perdu un pari !

Il n’empêche que le gars a sorti la caisse à out’ pour transformer son break en engin capable d’arracher le bitume. Oubliez la gentille Saab tout juste bon pour mener la famille à la cafet’ du Ikea ! La caisse a été mise à nue et entièrement désossée. Le châssis a été refait sur mesure pour recevoir les nouveaux trains roulants (double triangulation), les liaisons, suspensions (combinés filetés), le pont et le freinage (Wilwood) avant que le tout soit posé sur des jantes en 15″ équipées d’enjoliveurs chromés Saab et chaussés en HKP 880 Sport IV à l’avant et BFGoodrich Radial T/A à l’arrière.

Tout ça pour accueillir un nouveau locataire. Sous le capot, le V4 a été mis à la retraite. A sa place, on retrouve un V8 Chevy de 502 ci… voilà, on y est. Un gazier de 8.2 l revu et libéré. Sachant que d’origine, il revendique 462 ch pour 756 Nm… on en déduit qu’il doit maintenant taquiner les 500 bourrins et pour le couple, il a largement de quoi faire fondre la boitoto qui se contente d’avoir deux vitesses pour téléporter l’engin.

Comme on est de l’autre côté de l’Atlantique, cette Saab 95 peut aussi bien s’aligner au départ d’un dragship que passer au McDrive. Du coup, l’habitacle ressemble à… un habitacle. Moquette beige, cuir crème, sono, même la banquette arrière est toujours en place. Bon on comprend rapidement en voyant le gros compte tours AutoMeter, les harnais Simpson ou encore l’allumage MSD et les maitres cylindres du freinage et de l’embrayage calés sous le tableau de bord, que la suédoise va vous distribuer des pains…

D’autant plus que la dégaine est plutôt soft… une fois encore, en faisant abstraction des gommards postérieurs, des deux silencieux d’échappement SuperTrapp. Mais la robe noire est sobre, les chromes étincelants et le look est loin de suggérer le potentiel démoniaque que cache ce break. En tout cas, c’qui est sûr, c’est que si vous ne connaissiez pas la Saab 95 avant, il y a de forte chance que maintenant, vous ne l’oubliez plus !

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