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Ahhhh la Volvo S60 ! La berline familiale tranquille par excellence, le premium à la suédoise. Un truc placide sans trop d’âme, pour emmener femme et enfants d’un point A à un point B dans un confort appréciable, et en toute sécurité. Seulement ça ?

Julien vous en a un peu parlé lors de ses recherches de caisse sympa, mais ‘faut avouer que la Volvo S60 n’est pas spécialement une habituée du bitume de chez DLEDMV. Alors afin que tout le monde parte du même point, on va se baffrer un peu d’histoire. ‘Tendez j’ouvre ce foutu placard… Gnnnnnnnn… Ah ! Le v’la enfin ! Notre bon vieux Père Motor qu’on avait pas vu depuis un bout d’temps !

Après lui avoir enlevé les deux quilles de rouge qui lui servaient de distraction, on va enfin pouvoir causer pistons. La Volvo S60 déboule donc en 2000, et elle remplace la S70 qui elle même est une version « modernisée » de notre bonne vieille 850. Alors ouais, y’a pas un truc qui vous choque ? Entre la S60 et la 850/S70 c’est le jour et la nuit question style. Quand la vieille reste une des icônes du parpaing Volvo, la nouvelle adopte un design résolument… Différent. Un genre de coupé 4 portes avant l’heure.

Plus en arrondis, plus subtile, plus sensuel, bref, moins clivant. En regardant les les deux voitures, on a du mal à se dire que l’une est la descendante directe de l’autre. Bon, ce sera pas la première ni la dernière fois, les BMW E39 et E60 on du faire le même effet à peu près à la même époque. Ceci dit et c’est une question de goût, j’ai tendance à préférer la S60. Elle à quelque chose de très américain dans son design. Un je-ne-sais-quoi qui en fait une caisse de là bas. D’ailleurs gamin, je croyais que Volvo était une marque US, mais ça, c’était avant que je sois un peu plus culturé !

Sous le capot de la belle, on ne retrouve que de la belle mécanique, à base de 5 en ligne. Essence, diesel, atmo ou turbo, la S60 représente la quintessence du savoir-faire de motoriste de Volvo dans les années 2000. Du petit 2.0L de 140 ch au 2.5 Turbo de 300 ch, on en a vraiment pour tous les goûts. Dedans, on retrouve comme toujours chez Volvo une finition irréprochable ainsi qu’une sono à faire bander un mort. C’est ça une Volvo ! Et d’ailleurs c’est peut-être la seule marque avec Lexus qui peut vraiment rivaliser en tout point avec la concurrence allemande.

La gamme était coiffée par la T5, avec son 2.3L turbo de 250 ch. Mais, il existait une version encore plus extrême. Un délire que les ingés ont imaginé pour aller chercher Audi sur son terrain, 5 en ligne turbo et transmission intégrale de la partie. La S60R. Déjà sous le capot on retrouve un 2.5 Turbo poussé à 300 ch et 400 Nm (et qui peut en prendre bien plus en un tournemain) associé à une boîte manuelle 6 vitesses sans soufflet (appelée Spaceball) ou une BVA 5 en option. Ledit 2.5L est une version réalésée du T5, équipée d’un gros turbo soufflant à 1 bar.

L’ensemble repose sur un châssis efficace et équilibré. Il est équipé d’un amortissement à pilotage électronique appelé Four C développé par Monroe et Öhlins. Concrètement, vous avez le choix entre 3 modes différent, selon votre besoin humeur. Surtout la S60 embarque un coupleur Haldex qui fait de la R une intégrale au besoin. Le comportement reste celui d’une traction (sous-vireur…) mais la voiture envoie de la puissance sur les roues AR quand c’est nécéssaire. Le freinage est quand à lui confié à Brembo.

Dehors la R adopte un kit spécifique, notamment sur la face avant qui devient beaucoup plus agressive avec ses entrées d’air proéminentes ainsi qu’un pare-chocs arrière spécifique. En dehors de ça et des jantes « Pegasus »  en 17 (NDLR : des 18 non-Oem peuvent apparaître sur certaines photos), l’ensemble reste assez sobre et cache bien son jeu.

Dedans on retrouve comme toujours chez Volvo une belle sellerie cuir, et pour la majorité des R en couleur havane. Des fonds de compteurs bleus sont un élément qu’on ne retrouve que sur les R et qui donnent un sacré charme quand on se pose derrière le volant. Beh oui, vous avez déjà vu des fonds de compteurs bleu ailleurs vous ?!

Au premier tour de clef, le 5 pattes s’ébroue avec délicatesse et sobriété. On reste dans une berline sportive qui va chercher de la S6, donc pas de vagues. Nombre de journalistes de l’époque lui reprochaient se côté discret, mais c’est encore une fois oublier la cible de cette bagnole… Et puis une ligne inox permet de faire très vite chanter le moulin. En conduite dynamique, le comportement est efficace mais un peu sous-vireur. Il lui était aussi reproché un manque de pêche au regard de ce que le châssis pouvait encaisser, mais à nouveau c’est oublier que le maître mot de Volvo c’est la sécurité. On s’amuse mais sans se mettre en danger bon dieu !

Cette S60 R savait néanmoins vous foutre un bon coup de pied au cul si le besoin s’en faisait sentir, et j’imagine qu’aujourd’hui ça doit être bien fun de poutrer de la Golf GTI un peu trop sûre d’elle… Reste que, cettte caisse est une rareté pour passionnés. Ouais, car au fond, le système Four C j’ai pas spécialement envie de chercher à l’entretenir quand il va se mettre en carafe, surtout quand on connaît le prix des pièces Volvo. Un bon gros délire suédois qui sait envoyer de la commode, et qui fait que si on enlève la maintenance, je signe de suite !

© Bringatrailer