Ah la Dodge Challenger… Généralement quand ça commence à causer Ricaines, deux grands clans s’affrontent : les vaccinés Ford versus les tatoués General Motors… Mais le troisième des Big Three, Chrysler, n’était pas en reste question monstres légendaires. Moins connue du grand public que les Camaro et Mustang, la Challenger est au moins aussi redoutable, voire plus !

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Même si je n’ai rien contre les deux autres chapelles, j’ai toujours été un gros fan de Mopar : Charger, Hemicuda, Superbird, Roadrunner… Autant de noms qui glougloutent comme un big block au ralenti à l’oreille des petrolheads ! Au milieu de cette débauche de couple qui ferait p asser le Cap D’Agde pour un rassemblement œcuménique, trône notre Challenger.

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Bleue à sa sortie d’usine, son proprio lui a offert la config la plus représentative du millésime :1970, le climax de la guerre du muscle ! Une guerre dans laquelle pour vaincre il fallait être bigger, louder & faster. Mais aussi outrancier au max question coloris : on n’a pas inventé la télé couleur pour rien ! Atout maître, la teinte Plum Crazy Purple. Les buvards ne devaient pas absorber que de l’encre au marketing, ça c’est du blase ! Et pour enfoncer le clou, des bandes racing R/T pour Road & Track : on n’est pas là pour beurrer les sandouiches !


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Quand on la regarde, on sait qu’elle n’est là pour casser des bouches. Ligne de caisse musculeuse, largeur XXL soulignée par le double optique à l’avant et le bandeau de feux à l’arrière : ça respire les stéroïdes ! Le proprio a encore virilisé cette carrure de spartiate avec une légère touche restomod. La bête repose désormais sur des jantes Team III chaussées en Hankook Ventus. Pour accentuer encore l’aspect bestial elles sont en 17 devant et 18 à l’arrière.

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L’intérieur en jette à mort également : full vinyle blanc, ça claque. Contre-portes, volant et planche de bord reçoivent un magnifique habillage en ronce de plastique, la crème du luxe d’époque ! L’habitacle a été modernisé avec la même subtilité que la carrosserie : l’insonorisation a été refaite et un poste Bluetooth se planque derrière l’autoradio d’origine. L’œil est cependant accroché par un bidule qui pend sous la boîte à gants… Mais qu’est ce donc ? Oooooh… Une gestion électronique Megasquirt !

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Soulevons le capot de la surface d’une table de ping-pong et voyons à quel délire cet indice nous amène… Bah il n’y a pas été avec le dos de la cuiller le gadjo ! La mise à jour a été beaucoup moins subtile que sur le reste de la bagnole ! Le small block 318 ci est parti à la benne, remplacé par un 440 Magnum : le moulin le plus balèze que l’on pouvait obtenir au catalogue. Un big block de 7.2 litres moins pointu que le légendaire Hemi, mais plus gros : size does matter !

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En config d’origine, ce bouilleur sortait déjà pas loin de 400 chevaux, mais là c’est l’escalade de la violence ! Le bloc est neuf, il a été coiffé de culasses alu Source Stealth et d’une admission Edelbrock. Les 3 biberons double-corps du Six-Pack ont sauté au profit d’une injection électronique. Bref, un monstre qui expectore via des collecteurs TTi Shorty et balance sa rage à une boite auto Torqueflite 3 rapports. On ne sait pas exactement combien développe l’ensemble, mais une chose est sûre, c’est amplement suffisant pour faire cirer les gommards et pousser votre assureur au suicide !

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Le résultat final est génial à mes yeux. Le terme de Sleeper n’est pas franchement adapté à une Muscle Car de légende peinte en violet métal, mais c’est l’esprit. Au premier regard on découvre une restauration soignée, la config choisie transpire son époque. En revanche mécaniquement c’est une dinguerie totale, et moi les caisses qui cachent bien leur jeu, bah j’adore !

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© BaT