Rouler en Ferrari 400i, c’est quand même la classe. La classe du cheval cabré. La classe de profiter d’un V12 de plus de 300 ch sous le capot. La classe de pouvoir embarquer trois passagers et leurs bagages. Mais aussi la classe du cabriolet afin de bien se décrasser les tympans grâce aux vocalises de l’italienne… Cabriolet ?!

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La Ferrari 400i, Julien vous l’a déjà présentée il y a quelques années. Elle est l’une des dignes descendantes de la lignée des Ferrari 2+2. Il faut savoir que si Enzo ne voyait ses voitures qu’à travers la couse auto, il avait compris que pour financer ses voitures et leurs développements qui coutaient de plus en plus cher, il fallait vendre des sportives, berlinettes ou GT. Et même des 2+2… en effet, si la première 2+2 officielle débarquera en 1960 avec la 250 GT 2+2, Enzo ne refusera jamais un projet réalisé sur mesure, à partir du moment où il respectait l’image et la sportivité de ses voitures.

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Ainsi, en 1948, une Ferrari 166 Inter va être carrossée en 2+2. Même chose en 51 où Ghia propose une 212 Inter recarrossée en 2+2. Mais officiellement la première vraie “familiale” sera la Ferrari 250 GT 2+2 (appelée aussi GTE) dessinée par Pininfarina et présentée en 1960. Contre toute attente, le succès va être au rendez vous, et les coupés 2+2 vont devenir les voitures les plus vendues de la marque.


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Les versions vont se succéder, 330 GT, 365 GT puis GTC/4, rapidement remplacée par la 365 GT4 2+2 qui évoluera en 400, 400i puis 412. Elle devient par la même occasion la première Ferrari à recevoir une boitoto de série. En effet, sur la 400, la boite manuelle est proposée en option… on voit que Ferrari a la ferme intention d’aller séduire le marché américain. Pour l’histoire, c’est Général Motors qui fournit la boite automatique… un véritable massacre car elle va avoir du mal à encaisser les régimes atteints par le V12.

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Esthétiquement la 400i, c’est un style tendu et nerveux que Pininfarina a su habiller avec élégance et sportivité. Une véritable réussite qui a su s’affirmer avec le temps et inspirer la marque puisqu’en 1980, Pininfarina va présenter au salon de Turin une originale version 4 portes qui ne dépassera jamais le statut de prototype. En 89, elle disparait du catalogue après 17 ans de carrière et 2637 exemplaires vendus… tous des coupés. Elle sera remplacée en 92 par la somptueuse 456 GT.

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Et là, depuis le début vous vous demandez quand est-ce que le blaireau qui tape au clavier va enfin vous expliquer d’où sort de cabriolet. Alors je vous répondrais, du garage de Rod Stewart. Oui, quand tu t’appelles Rod Stewart, que t’as vendu des millions de disques et que t’as un compte aussi blindé d’un panzer allemand, t’as pas forcément envie de rouler en Twingo ou en Honda Civic… D’autant plus qu’en Californie, certains carrossiers talentueux se sont faits les spécialistes de l’ablation de toit… avec plus ou moins de réussite esthétique (comme on l’a vu avec la 560 SEC Cab de Straman).

Dans le cas de cette Ferrari 400i, elle est sortie d’usine en 83, a traversé l’Atlantique, a subit sa transformation et c’est seulement en 90 que le rockeur l’a achetée, attiré par l’originalité, mais aussi par son look full black. Il faut reconnaitre que le résultat est à la hauteur de l’aura de l’italienne. Presqu’à se demander pourquoi Ferrari n’a jamais osé franchir le pas à l’époque.

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En dehors de lui avoir fait prendre l’air, tout le reste est strictement identique au jour où elle est sortie de Maranello. Cuir noir, boitoto 3 GM rapports, jantes alu 5 branches chaussées en Michelin TRX. Le V12 de 4.8 l pour 315 ch, a juste reçu le renfort d’un allumage électronique MSD.

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Toute l’histoire est de savoir si sa transformation lui a fait perdre de sa valeur. Mais est ce que d’avoir appartenu à Rod Stewart va lui offrir l’équivalent du bonus “youg” chez nous ? Apparemment non, puisque la belle a changé de main pour un peu plus de 52500 $…

© Mohr Imports via BaT

© Rod Stewart