Enfin ! Y’a des caisses comme ça où tu te dis que si un jour, sur un malentendu, tu peux avoir l’occasion de poser ton cul dedans. Bien sûr, si elle peut emménager dans mon garage, c’est mieux, mais déjà, l’essayer le temps d’une journée. Eh bien voilà, c’est fait, une demie journée en Porsche 964 Turbo… et attention, pas la “petite” 3.3 l. Neiiinnnnn, la grÔÔÔssssse, la 3.6 l, celle des Bad Boys. Allez, ça va souffler…

Porsche 964 Turbo 3.6... La grenouille et l'escargot ! 1

Et pour commencer, ben j’ai déjà un problème… c’est que la Porsche 964 Turbo, ou 965 pour les intimistes, vous l’avez déjà croisée sur DLEDMV et pas qu’un peu. Même déjà en exclue puisque Kevin Renard nous avait déjà fait profiter d’un shooting à défourailler la rétine. C’est il y a déjà 5 ans avec un 3.3 l qui n’avait pas grand chose à envier à sa grande sœur 3.6 l. ‘Fin il n’empêche que je n’avais pas eu ni l’occasion de la croiser, ni celle d’y poser mon derrière. La magie d’internet et des shootings à l’autre bout de la France (voir plus loin encore) font que la plupart de nos exclues, nous aussi nous en profitons comme vous… en image.

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Sauf que là, l’histoire de cette 3.6 l a commencé par un photo postée par Steph’ de VDR 84. Ah je reconnais qu’on en a essayé tous les deux… HF Integrale Evo Verde York, duo Clio V6 – R5 Turbo 2, McLaren MP4 12C, Ferrari 360 Modena, Mustang Shelby 350 GT Replica, Mercos 600 SEL, Lancia Fulvia HF Fanalone… et bien d’autres encore. Il n’empêche que lorsque j’ai vu passer le fessier de la grenouille sous hormones, j’ai réservé le tour de manège en m’disant qu’éventuellement, ça pourrait vous plaire.


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La 964 Turbo, c’est la Porsche qui généralement réconcilie tous les Petrolheads. Même ceux qui n’aiment pas Porsche font souvent une exception pour elle. Allez savoir pourquoi…son style, son caractère, son effet turbo, sa bestialité, le dessin de ses hanches, voir même son ADN hollywoodien qui a fait d’elle l’éternelle voiture des Bad Boys. D’ailleurs pour ne rien vous cacher, le jour de l’essai, on s’est retrouvé en plein barrage de gilets jaunes (oui, je fais mon méa culpa, l’essai date de 2019, j’avais zappé ce shooting qui prenait la poussière dans les méandres de mon disque dur !). Forcément, quand tu débarques dans ce genre d’engin, au milieu d’un “conflit” alimenté par une crise sociale qui s’est transformée en une sorte de caricature malsaine où les pauvres voulaient tuer les riches, tu te dis que ça risque de puer du cul. Eh bien non, on est passé devant une ribambelle de pouces levés et de smartphones en mode shooting improvisé. Autant une Féfé on se serait surement fait cracher dessus, autant la 964 Turbo, elle a ce côté impressionnant qui attire la sympathie… à moins que ce ne soit de la peur ?!

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En tout cas, la peur tu l’as quand tu es dans ce genre d’engin. Enfin, tu as surtout en tronche les légendes urbaines qui ont fait d’elle une hypersportive au caractère bien trempé. Conséquence du phénomène turbo qui débarque sous le capot de la 911 en 1975. A l’époque, elle s’appelle 930 Turbo, et son Flat 6 de 3.0 l refroidi par air développe 260 ch grâce à l’escargot magique. Elle va doucement mais surement évoluer au fil des années, devenir 3.3 l (300 ch) dès 77, jusqu’à l’arrivée de la génération 964 Turbo en 90 commençant par la fameuse 3.3 l (320 ch) avant de devenir 3.6 l (360 ch) à partir de 92. En cette période, le turbo n’était encore qu’une sorte d’interrupteur qui, une fois enclenché, vous filait un gros coup pied au cul et donnait du fil à retordre aux pneus, le tout, avec un décalage horaire entre le moment ou on soudait le pied droit et celui où les roues arrière voyaient débarquer la cavalerie (turbo lag). Cette arrivée de puissance et de couple aussi brutale que soudaine, offrait un shoot d’adrénaline sous forme d’équation à trois inconnues composée de la poussée, du grip et de la maitrise de celui qui tourne le volant. Forcément, ceux qui se faisaient piéger étaient au mieux, bon pour une grosse frayeur et un caleçon à changer, au pire, bon pour emménager dans un caisse en sapin ! Phénomène amplifié quand la route devenait grasse ou humide.

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Tout cela faisait donc des 930 Turbo et 964 Turbo des missiles que se sont rapidement retrouvés précédés par leur légende. Faiseuses de veuve… organisatrices de rendez-vous avec l’Eternel… Serial Killer de la file de gauche… bref, on a rien sans rien. Juste que ce genre de caisse, ça demande à être respecté et à avoir un minimum de notion de pilotage et des réflexes affutés. Et de s’y connaitre un chouill’  en transfert de masses, en gestion de grip, en anticipation, en self control… ouais bon, on n’va pas tortiller, en même temps, c’est pas une Twingo.

Bon, de là à dire qu’elle sont dangereuses, faut pas pousser mémé dans les orties non plus. Effectivement, quand tu soudes et que t’es pas encore au régime auquel l’escargot se met à charger, on va dire que t’as l’impression d’être au volant d’un atmo sportive… en gros, tu fais un câlin à Kiki le caniche le temps que l’aiguille du compte tour grimpe. Puis une fois de tu passes la barre fatidique, tu sais pas c’qu’il vient d’arriver à Kiki, mais le bichon s’est transformé en pitbull et en a profité pour te chopper les burnes et manifestement, il a l’intention d’en faire son 4 heures. Sur la 930 fallait attendre les 3500 trs. Sur la 964 3.3 l c’était tombé à 3000 trs alors que sur la 3.6 l, à partir de 2600 trs tu commençais la destruction de nuque. Ce phénomène s’est estompé avec le temps… jusqu’à devenir démoniaque mais malheureusement linéaire. Oui, j’insiste sur le malheureusement car en ayant discipliné le turbo, on lui a fait aussi perdre ce qui faisait son charme et les  sensations de l’engins qu’il remuait.

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En tout cas sur la 3.6 l c’est encore le cas. Une fois passé les 2600 trs, tu sens ce truc qui te prend aux tripes et qui te propulse vers l’avant en t’enfonçant les yeux dans les orbites et en te plaquant la tête contre le baquet. Putain qu’c’est bon. Surtout que la 964 Turbo est encore compacte et légère. Ajoutez à cela les hurlements du Falt 6 aircooled, le souffle du KKK et c’est le parfait combo gagnant avec les poils au garde à vous ! On n’en fait plus des comme ça. A partir de la 993, le gros turbo a été remplacé par un duo de turbines qui composait en se relayant afin de tuer le turbo lag. J’ai eu l’occasion d’essayer un 996 Turbo ainsi qu’une 997, ça pousse, ça t’arrache la tête, ça te broie les cervicales, mais ça manque de ce coup de pied au cul.

Délicatement posée sous le soleil du printemps, le petit village de Maubec lui servant de décor, la 964 Turbo nous a dévoilé ses courbes. Si fines devant, si excitantes derrière. Pour y faire encaisser la charge, les ingénieurs n’avaient pas d’autre choix que d’élargir les hanches de celle qui ne misait encore que sur la propulsion. Là aussi, ça changera à partir de la 993 qui deviendra une transmission intégrale. Autre distinction, cet aileron aussi utile pour apporter de l’appui que pour alimenter l’échangeur qui n’avait pas d’autre choix que de se caser à l’horizontal au dessus bloc.

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Dedans, ça a vieilli… mais pas bougé. Oui, le style a pris des rides. Enfin en même temps, c’est vide ou du moins, ça va à l’essentiel. Vitres et rétros élec, sono, cuir, clim… Forcément, on n’a plus l’habitude. On est encore loin de l’invasion des écrans LCD, des gadgets inutiles, des combinés multimédia et des molettes qui permettent de choisir entre les différents paramétrages des suspensions, de la boite, de l’échappement… jusqu’à l’éclairage des LED sous le tableau de bord. Là, le seul gadget c’est l’autoradio et pour les plus connectés, le téléphone Radiocom 2000 qui était proposé en option ! En même temps, c’était en 92…

Ce qui est sûr, c’est qu’avec la Porsche 964 Turbo, on ne peut pas être déçu… elle associe tout c’qu’on peut chercher dans une sportive. Perfs, sensations, efficacité, caractère, gueule en y rajoutant un p’tit quelque chose de bien spécial, de la personnalité. C’est surement ça qui la rend aussi mythique et qui lui fait traverser les générations tout en devenant de plus en plus désirable. A voir maintenant si toutes celles qui lui ont succédé réussiront à avoir le même aura au fil du temps… la 993 y est arrivée. Pour les autres, ça s’avère plus compliqué. Comme quoi, les perfs c’est bien, mais ça ne fait pas tout…!

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