Sélectionner une page

La Ford Mustang a fait une entrée fracassante le 14 avril 1964 avec 22000 voitures vendues le premier jour ! Voilà comment on entre dans la légende. A partir de 65, l’image de la marque va exploser… la GT40 rafle les victoires face à l’élite européenne et le partenariat avec Shelby bat son plein. Afin de montrer son savoir faire, la marque va alors dévoiler deux protos, la Little Red en 67 et la Green Hornet en 68, devenues aujourd’hui de vraies icônes. Bon, j’vais avoir besoin de père motor !

Si chez Auto Plus, ils ont Rémi Bricol’tout, chez DLEDMV on a Père Motor… cherche pas t’as tort ! Avec Père Motor, le Rémi Bricol’machin, c’est coup de boule, Kamé Hamé Ha, un suppo et au lit ! A eux le roi de la clé à pipe… à nous l’empereur des histoires qui vont vous faire vous coucher moins con ou du moins, plus cultivé afin de pouvoir la faire fermer à votre beauf dimanche prochain, entre la tarte au prunes et le café d’El Gringo ! Non ne nous remerciez pas, si on peut aider, c’est cadeau frère !

Bref, revenons en à nos… chevaux sauvages des plaines américaines. Comme je vous l’disais dans ma magnifique intro, dès sa sortie en 64, la Mustang va devenir LE succès commercial de Ford. Une icône pour les jeunes qui en avaient marre de devoir rouler en paquebot pour avoir des perfs correctes… En fait avant la Mustang, chez les Big Three, il y a avait une règle toute bête… Petite voiture, petit moteur et grosse voiture, gros moteur. Le hot rod et le custom, plébiscité par les jeunes américains, permettait donc de mettre des gros moteurs dans les petites voitures… les plus fortunés se tournant vers les sportives européennes.

Forcément, la Mustang va donc combler un vide… Ford va oser proposer la petite voiture avec un gros moteur… ou du moins avec les chevaux qu’il fallait pour pouvoir être, bien entendu, le king de la straight line ! Deux ans plus tard, la millionième Mustang sort déjà des lignes. Et chez Ford, on a compris que pour continuer d’attiser la braise, faut pas lâcher la pression… alors on sort des séries limitées à la pelle. High Country Special, GT Package, Million Mustang Sale, Sprint 200 Limited Edition, Anniversary Gold Edition, Player’s Special Edition, T-5 … et ça, c’est que pour 1966. Et ça continue en 67, Sports Sprint, Indy Pacesetter Special, Lone Star Limited, Ski Country Special, Branded Special, GTA Package, She Country Special, California Special, Stallion, Tussy, Limited Edition 400… c’est un truc de dingue. Chez Ford, on va chercher chaque classe avec un série limitée ! Y’aurait de quoi ouvrir un blog rien que pour vous causer des séries limitées de Mustang… surtout que certaines se limitaient seulement à un seul état (la California Special) une peinture spécifique (la Tussy qui était rose bonbon), un set enjoliveurs / autoradio, parfois même juste un badge sur l’aile !

Avec les années, cette « série limitéïte aigüe » va finir par s’estomper ou du moins, ne vont rester que celles qui pourront réellement marquer la carrière de la sportive américaine comme les Boss, Mach 1, T-5… en devenant d’ailleurs des modèles sportifs proposés sous forme de pack d’options avec moteurs et châssis optimisés.

Parmi toutes ces étoiles devenues aujourd’hui plus ou moins recherchées, on retrouvait tout en haut les deux versions signées Shelby. Dès sa présentation en 64, chez Ford on veut engager la Mustang en SCCA. C’est connu, les victoires du dimanche font les ventes de la semaine. Naturellement, on se tourne vers Carroll Shelby qui fait déjà courir et gagner ses Cobra en les équipant de moteurs Ford. En Décembre 64, Shelby American va donc assembler et développer les premiers protos de celle qui deviendra à partir de 65 la GT350… des « code K » motorisées par le V8 289ci que Shelby va libérer en y collant une nouvelle pipe d’admission aérée par un capot spécifique en fibre, un carbu Holley 715CFM, un collecteur et une ligne avec sortis en side-pipe afin d’en tirer 306 ch. Le train avant est revu, la boite manuelle est une BorgWarner T10 full alu avec rapports raccourcis et un diff » autobloq’ « Detroit Locker ». L’équipe du pilote texan y enlève la banquette arrière remplacée par la roue de secours, et on retrouve dans l’habitacle un volant bois, un compte tours, un mano de pression d’huile et des ceintures ventrales Ray Brown. Pour finir le tableau, une seule couleur est au catalogue… le blanc qu’on peut éventuellement agrémenté en option de deux bandes bleues Le Mans et de jantes Cragar. Pour le milésime 66, la GT350 devient moins radicale… la banquette fait son come back, de nouvelles couleurs rejoignent le catalogue, la boitoto est proposée en option, tout comme la direction assistée, la clim ou la radio, les side pipe sont remplacés par une ligne plus conventionnelle… et comme pour se faire pardonner, Shelby propose un compresseur Paxton en option, de quoi passer la puissance du V8 à 400 ch. Hertz ira même jusqu’à proposer 1000 Shelby GT350 à ses couleurs… mais ça, je vous en a déjà parlé.

Mais l’histoire de la Mustang Shelby ne s’arrête pas à la GT350. En 67 Shelby présente, en partenariat avec Ford, un concept ultra sportif baptisé Mutang EXP 500 et rapidement surnommé Little Red, en rapport à sa couleur (oui rouge…!). Ce concept a perdu ses logos et on y retrouve à la place celui du préparateur, le Cobra. En fait, le proto n’est autre que la future Shelby GT500. Pendant que sa petite soeur 350 utilisait un bloc qu’on retrouvait sous le capot de la Mustang, avec la 500, Shelby osait y greffer le V8 Ford Police Interceptor de 428ci (7 l) gavé par deux carbus Holley 600CFM quadruple corps et développant 450 ch. Et si la 350 était violente, avec la 500, on tombe directement dans le bestial… même esthétiquement. La face avant est revue, le capot est encore plus aéré et sur les flancs, les vitres de custodes latérales arrière sont remplacées par des prises d’air. A l’arrière les feux trois bâtons sont remplacés par ceux de la Cougar et aileron de type ducktail a fait son apparition. Mais, contrairement à la Little Red, les GT500 seront des fastback (et quelques cabrios)… et c’est là tout l’intérêt de ce proto qui est finalement l’unique Ford Mustang Shelby GT500 coupé hard top.

En 68, on retrouve un concept EXP 500 quasi identique, lui aussi basé sur un coupé hard top. Mis à part que sa robe est verte, qu’on va le surnommer Green Hornet (là aussi en rapport à sa couleur… verte !), que la face avant a reçu quelques modifs, que les prises d’air du capot courent presque jusqu’à la calandre et que le V8 est un Cobra Jet 428ci. En fait, la Little Red avait tapé dans l’oeil d’un certain Lee Gray, directeur des ventes de l’ovale bleu pour la Californie, état qui absorbait à lui seul 20% de la production de Mustang. Séduit par la Little Red, il va convaincre Lee Iacocca – alors vice président de Ford – de reprendre le look du concept EXP 500, un peu assagi, pour en faire les séries limitées High Country Special et California Special… une Mustang coupé hard top, avec le specs de la GT, motorisée par le V8 289 ci (4,7 l), le 390 ci (6,4 l) ou le Cobra Jet 428 ci (7.0 l), mais avec presque le look de la GT500 (surtout ses fesses avec les feux de Cougar)… ce qui explique que beaucoup les confondent.

Mais l’histoire continue… en 2013 la Green Hornet est rachetée par Craig Jackson, le boss de Barrett Jackson. De quoi lui donner l’idée de rassembler la famille sauf que la Little Red a disparu des écrans radars depuis plus de 50 ans, la rumeur annonçant même qu’elle aurait fini dans un broyeur. Pas de quoi le décourager… il va remuer ciel et terre, remonter l’historique de la voiture et en mars 2018, il retrouve l’épave qui dort dans un champ bordant une ferme au nord du Texas. Il va alors confier les deux voitures à Jason Billups, une référence dans la restauration des Mustang, afin qu’il puisse leur redonner leurs lettres de noblesse digne de ce qu’elles étaient en 67 et 68. Pour compléter sa collection, Craig achète pour 1,1 millions de $, la toute première Ford Mustang Shelby GT500 2020 produite, la numéro VIN 001 et portant justement la teinte Candy Apple Green en hommage à la Green Hornet. En parallèle, il commande une seconde GT500… rouge !

Aujourd’hui, Craig Jackon n’a pas l’intention de se séparer de ses deux licornes qui, à l’image de celle que conduisait Steve McQueen dans Bullitt et qui s’est vendue pour 3,74 millions de $ en janvier 2020, pourraient flirter avec les 4 millions chacune.

© Barrett Jackson & signatures éventuelles